Gérald Darmanin annonce la suspension d'un projet attendu depuis 2020, réunion à venir.
Dans un courrier adressé au président de la Métropole de Nancy, Mathieu Klein, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé la suspension du projet de construction d'une nouvelle cité judiciaire. Cela intervient dans un contexte de
restrictions budgétaires qui pèsent sur les finances publiques. Une réunion avec les élus de Nancy est prévue d'ici trois semaines, marquant un tournant dans ce dossier qui préoccupe les autorités locales.
Un projet annoncé depuis 2020
Le bâtiment actuel de la cité judiciaire, érigé dans les années 70 à Saurupt, souffre d'une vétusté croissante, suscitant des critiques tant de la part des magistrats que des avocats. Le projet d'une nouvelle construction sur le site de l'ancienne usine Alstom avait été officiellement annoncé en 2020 par l'ancienne Garde des Sceaux, Nicole Belloubet, et devait initialement être achevé en 2025. Toutefois, le flou entourant son avancement avait suscité une forme de désespoir parmi les acteurs locaux.
« C'est pour ça que je suis ravie qu'on ait eu, enfin, une lettre officielle qui nous dit ‘on va vous rencontrer' », s'est réjouie Estelle Mercier, députée de la région. Pour elle, ce courrier représente "un début de dialogues". Le ministre lui-même l'a informée que la réunion devrait se tenir dans un délai imparti.
Un chiffrage qui passe de 45 à 110 millions d'euros
Dans sa lettre, Gérald Darmanin a révélé que le coût de construction aurait considérablement augmenté, passant de 45 millions à 110 millions d'euros. Mathieu Klein a exprimé ses préoccupations face à cette hausse dramatique. « J'ai besoin d'explications sur ce quasi triplement de l'enveloppe », a-t-il déclaré. De plus, le ministre mentionne une participation de 20% des collectivités locales, ce qui, selon Klein, est excessif.
En attendant, les avocats et magistrats de Nancy continuent de faire face aux déconvenues liées à la vétusté des locaux. Serge Dupied, bâtonnier de l'ordre des avocats, a exprimé son mécontentement : « Les infiltrations perdurent. Certes, certains travaux ont été réalisés, mais l'on met des rustines sur un bâtiment qui prend l'eau de partout. Ça n'a aucun goût, ça n'a plus de sens. Il faut vraiment que ce palais de justice puisse voir le jour. »