À Lesperon, au cœur des Landes, une quinzaine de syndicalistes a célébré le 1er mai, une journée de mémoire initiée par le syndicat Force Ouvrière. Cet événement a pour but de rendre hommage aux résiniers du début du XXe siècle, pionniers de la mobilisation ouvrière dans la région.
Ce 1er mai, à Lesperon, a été une journée placée sous le signe de l’hommage et de la mémoire. Dans un barnum marqué du sigle de Force Ouvrière, les syndicalistes ont revisité l’histoire locale. En découvrant une photo d'époque des résiniers datant de 1906, apportée par Isabelle Benquet, secrétaire départementale du SNU FO, le public a été replongé dans le passé social du territoire. "C'était les premiers gros syndicats à se créer ici," a-t-elle déclaré, rappelant que les résiniers, ces ouvriers agricoles du XIXe et début du XXe siècle, cherchaient à améliorer leurs conditions de travail à travers des luttes organisées dès 1905.
Les grèves, parfois violentes, qui ont secoué les Landes durant cette période ont laissé une empreinte indélébile. "Nos ancêtres se sont battus pour que nous puissions bénéficier de droits aujourd'hui," a souligné Virginia Odier, secrétaire générale de Force Ouvrière à Dax. Elle a insisté sur le fait que la sécurité sociale, telle que nous la connaissons, est le résultat des combats menés par ces pionniers de la lutte.
Cependant, la mobilisation actuelle semble plus complexe, a déploré Gérald Albano, le secrétaire général de Force Ouvrière des Landes. "Les gens ne s'engagent plus de la même manière qu'avant. Ils semblent moins motivés, peut-être que lorsque la nécessité se fera ressentir globalement, nous connaîtrons une résurgence des mobilisations." Cette réflexion résume le fragile équilibre entre mémoire et action, un dilemme que connaissent aujourd'hui de nombreux syndicats dans le pays.







