Le tribunal administratif a exigé des interventions immédiates pour corriger les conditions inacceptables à la prison de Baie-Mahault, en Guadeloupe. Cette décision a été rendue publique récemment, soulignant des problèmes graves d'hygiène, d'aménagement des locaux et d'éducation des jeunes détenus.
« Des dysfonctionnements majeurs ont été reconnus par le juge », a déclaré Maître Gladys Démocrite, avocate à L’Observatoire international des prisons (OIP), à l'AFP. L'OIP, qui avait saisi le tribunal en référé, s'était fondé sur des recommandations précédentes du Contrôleur général des lieux de privation de liberté, faites après une visite de l'établissement en 2025.
« Des libertés fondamentales ont été violées », insiste Démocrite, mentionnant une densité carcérale alarmante de 247 % pour le quartier masculin. Sur 428 détenus adultes, 155 sont contraints de dormir sur des matelas à même le sol, l'éloignement des sanitaires étant désormais une condition imposée par le tribunal.
Des sanitaires en état préoccupant
Parmi les nouvelles directives, le tribunal impose la mise à disposition de linge de lit, l’accès aux machines à laver et sèche-linge, ainsi que la réparation des volets pour protéger les détenus des intempéries. Les sanitaires, marqués par des traces de moisissure et de salpêtre, doivent être nettoyés, tout en garantissant des distributions d’eau adéquates pendant les heures de promenade.
Le secteur des mineurs n'est pas exempt de problèmes ; des mesures hygiéniques y sont également exigées. Le tribunal insiste sur l'importance de garantir douze heures d'enseignement hebdomadaire ainsi qu'un accès aux activités sportives. De plus, il appelle à l'installation d'un local pour les fouilles intégrales et à une meilleure communication des droits des mineurs détenus, en assurant la confidentialité de leurs conversations avec leurs avocats.
Cependant, Gladys Démocrite exprime des réserves, soulignant qu'il reste encore « beaucoup à faire ». Bien qu'elle se réjouisse d'une prise de conscience croissante, elle « déplore que le tribunal administratif n'ait pas pris des mesures plus contraignantes » pour accélérer la réponse de l'administration pénitentiaire. De précédentes décisions similaires en Guadeloupe montrent que l'implémentation de ces mesures est un défi persistant.
Des institutions judiciaires telles que plusieurs tribunaux administratifs et la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) ont déjà condamné l'État français concernant les conditions de vie inhumaines dans ses prisons, plaçant une pression accrue sur le système pénitentiaire.







