Un jeune de 15 ans a été interpellé dans le cadre d'une enquête sur une cyberattaque ayant ciblé le portail de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS). Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a visité les lieux jeudi, annonçant le déblocage de 200 millions d'euros pour renforcer la sécurité numérique.
La semaine dernière, un jeune homme de 21 ans, lié à une série de piratages de sites d'institutions sportives, de l'Éducation nationale et même de bases de données d'armement, avait été mis en examen et placé sous écrou.
Le mineur, identifié comme le hacker connu sous le nom de "breach3d", a été arrêté le 25 avril et placé en garde à vue. Les juges d'instruction ont été saisis mercredi dernier, selon la procureure de Paris, Laure Beccuau.
Pour ces infractions, le parquet a requis une mise en examen et un placement sous contrôle judiciaire, évoquant des "atteintes à un système de traitement automatisé de données" administré par l'État, pouvant entraîner jusqu'à sept ans de prison et 300 000 euros d'amende.
L'Ofac (Office anti-cybercriminalité) a été informé en avril d'une cyberattaque touchant l'ANTS, responsable des demandes de documents d'identité. Selon les autorités, 12 à 18 millions de lignes de données personnelles auraient été mises en vente sur des forums de cybercriminalité par ce hacker.
L'agence a constaté une activité suspecte sur son réseau le 13 avril, et la véracité des données revendues a été confirmée par la procureure.
En réaction à cette situation, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a ordonné à l'Inspection générale de l'administration d'établir la chaîne de responsabilité dans ce grave incident, soulignant l'importance de la sûreté numérique.
Le Premier ministre Lecornu a révélé que les 200 millions d'euros débloqués pour contrer cette cybermenace seraient disponibles dès la semaine prochaine, sans donner plus de précisions sur leur utilisation. Ces fonds s'inscrivent dans le cadre du programme d'investissements France 2030, initié par Emmanuel Macron.
Au cours de sa visite, Lecornu a également évoqué la mise en place d'une "autorité numérique de l’État", signalant que notre pays connaît environ trois vols de données par jour, qualifiant cela de "casse du siècle récurrent".
Depuis le début de l'année, un certain nombre de cyberattaques a visé divers secteurs, des fédérations sportives aux chaînes d'hôtels tels que Logis Hôtels France et Brit Hotel, de même que des organismes publics comme la Philharmonie de Paris.
Dans ce cadre, le mineur de 21 ans, qui se faisait appeler "HexDex" sur internet, a été interpellé en Vendée juste avant de publier d'autres données piratées. Selon le parquet de Paris, il est lié à une centaine de signalements de piratage.
La jeunesse et le profil de ces hackers attirent particulièrement l'attention des autorités. Fin janvier 2026, deux présumés hackers, âgés de 17 et 20 ans, avaient été mis en examen pour avoir attaqué les systèmes des académies de La Réunion, de Reims et de Clermont-Ferrand.







