La maternité de l'hôpital privé de l'Estuaire (HPE) au Havre va fermer ses portes en septembre, comme l'a confirmé le groupe Ramsay Santé dans une annonce officielle. Cette décision a été prise en raison d'une baisse significative du nombre de naissances et d'un manque de rentabilité. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : une diminution de 25 % des naissances entre 2022 et 2025, avec une prévision de seulement 622 naissances en 2025. Désormais, les futurs parents du Havre devront se tourner vers la maternité publique de l'hôpital Monod.
Le Groupe Hospitalier du Havre, conscient de cette transition, assure qu'il est prêt à accueillir les patientes dans des conditions optimales, grâce à un personnel médical adapté et renforcé si nécessaire. Ce changement, en revanche, soulève d'innombrables questions sur l'avenir des femmes concernées et le bien-être du personnel médical de l'HPE.
Une mauvaise nouvelle pour l'écosystème de santé au Havre
Cette actualité n'est pas une surprise totale ; elle a été anticipée. Au cours des dernières élections municipales, des discussions sur l'avenir de cette maternité se sont intensifiées. Baptiste Bauza, conseiller municipal d'opposition, a exprimé son mécontentement face à l'inaction du maire du Havre :
"La santé ne rime pas avec rentabilité. C'est un nouveau coup dur qui requiert une intervention forte et déterminée de la municipalité."
En réponse, le maire Édouard Philippe a semblé apaiser les esprits en déclarant :
"Il n’est pas productif de frapper du poing sur la table. Lorsqu'une entreprise décide de fermer une activité, elle le fait. Toutefois, ce n'est pas une bonne nouvelle et nous devons veiller à minimiser les impacts."
Quid des salariés et des futurs mamans ?
Récemment, les employés de la maternité ont été informés de ces décisions, entraînant des angoisses et des incertitudes pour la trentaine de salariés concernés. La première réunion du plan de sauvegarde de l'emploi a fait l'objet de discussions cette semaine et l'Agence Régionale de Santé a mis en place une cellule de mobilité pour les agents touchés. L’ARS suivra de près cette situation pour garantir le respect des droits des employés.
Du côté du Groupe Hospitalier du Havre, on s'interroge aussi sur la montée du nombre de patientes. Aurélien Lebrun, représentant du syndicat SUD, a exprimé :
"Il est essentiel de préserver la qualité des soins. Cependant, des inquiétudes demeurent quant à la prise en charge des femmes à l’hôpital Monod."
Jenifer Dumont-Bouder, co-secrétaire du syndicat MICT-CGT, a voulu rassurer les futures mamans, affirmant :
"Les patientes et leurs bébés seront bien pris en charge. Monod, étant une maternité de niveau 3, dispose des équipes nécessaires notamment en cas de complications."
Le Groupe Hospitalier du Havre se dit préparé à absorber le surplus de patientes. L'an dernier, 2 790 bébés y sont nés, mais le record se situe à 3 300 naissances dans les années précédentes. "Des ajustements au niveau des effectifs médicaux et paramédicaux seront effectués rapidement," assure le GHH. Cette volonté de compenser l'impact de la fermeture de l'HPE semble être un défi qu'il faudra relever dans les mois à venir.







