Exposés, rapports, oraux... l'intelligence artificielle fait désormais partie intégrante des devoirs scolaires. Professeurs et étudiants en font quotidiennement l'expérience, entraînant une nécessité d'évolution des modes d'examen.
« Il est essentiel de préparer les étudiants à l'intelligence artificielle ! » Valentin, étudiant en troisième année post-bac, constate que ses camarades ont tendance à recourir à des outils comme ChatGPT : « Dès qu'un devoir est donné, ils le confient à un agent d'IA, en un clin d'œil. »
Changer de mode d’évaluation
Cette situation soulève des questions sur la validité des évaluations pour une majorité des 18-25 ans, qui estiment que les examens ne reflètent pas leur véritable niveau. Certains enseignants, comme Cara, ancienne étudiante devenue enseignante d'éthique et de biologie, remarquent cette tendance. « À ma propre époque, l'IA en était à ses débuts. Aujourd'hui, c'est presque la norme », souligne-t-elle. Pour engendrer une prise de conscience, elle demande à ses élèves de préciser quelle IA et quel prompt ils ont utilisés. « S'ils ne le font pas, ils risquent une note inférieure à dix », insiste-t-elle. Cela pousse les étudiants à expliciter leur réflexion et à conscientiser l'utilisation des outils numériques.
Plus d’échanges en cours, moins d’IA chez soi
Cara a également développé des méthodes pour encourager l'interaction en classe. « Je les engage dans des débats : ainsi, je peux mieux identifier les idées qui émergent et déterminer s'ils ont eu recours à l'IA. Ils doivent partager leurs opinions et arguments lors de discussions. » Cette dynamique leur permet de s'approprier les concepts abordés et de limiter l'usage de l'IA lors des travaux écrits.
Cette approche a montré des résultats encourageants, même dans des groupes plus larges. « Moins ils ont recours à l'IA, plus ils acquièrent de la confiance en leurs capacités et participent activement. »
« J’évalue ce que l’IA ne sait pas faire »
Nhoé, un autre éducateur intervenant dans plusieurs institutions, confie que l'arrivée de l'IA a bouleversé son approche pédagogique. « Auparavant, j'évaluais les rapports sur leur structure et contenu. Maintenant, les étudiants peuvent produire des documents probants avec l'IA, rendant l'évaluation plus délicate. » Il cherche donc à évaluer les compétences humaines, comme l'argumentation et le savoir contextualisé.
Continuer de se former ?
Malgré l'utilisation croissante de ces outils, une majorité d'élèves, soit 64 %, sont persuadés qu'il est crucial de continuer à se former et affirment que l'apprentissage traditionnel n'est pas obsolète. Cara confirme : « Mes élèves sont animés par une réelle curiosité d'apprendre ! »
Matthieu, étudiant en grande école, observe quant à lui une dépendance préoccupante à l'IA dans les moments d'évaluation. « Cela nuit à l'efficacité de l'apprentissage. Certains professeurs sont même revenus au format papier en raison d'une baisse de performance. » Valentin met en garde contre cette tendance : « Si on ne continue pas à apprendre, on risque de devenir incapable de travailler sans IA. Les outils doivent compléter nos efforts, pas les remplacer. »







