La résidence Bellevue à Perpignan, autrefois florissante, est aujourd'hui en décrépitude. Depuis cinq ans, cet ensemble de 240 logements fait face à des difficultés financières, entraînant son placement sous administration judiciaire. Désormais, les propriétaires aspirent à reprendre leur lieu de vie.
C’est un choix qui marquera les décennies à venir. Entre Perpignan et Narbonne, la future ligne à grande vitesse (LGV) devra traverser le massif des Corbières : par-dessus ou par-dessous ? Cette question essentielle sera débattue lors d'une réunion publique prévue ce lundi à 18 heures à la salle polyvalente de Fitou, dans le cadre de la concertation sur ce projet d’envergure, prévu pour 2040.
Sur les 150 kilomètres de ligne nouvellement envisagés, la traversée des Corbières s’annonce comme la portion la plus difficile. Entre un relief escarpé, des contraintes environnementales et des enjeux économiques, chaque option présente ses propres avantages et compromis.
Trois grandes propositions sont actuellement à l'étude et sont soumises au public.
L’option aérienne, la moins chère mais complexe
La première option consiste à créer une LGV entièrement en surface, serpentant au-dessus du massif. Bien qu’économique sur le papier, cette solution impose des pentes abruptes, limitant l'accès pour les trains de marchandises, un obstacle considérable dans un contexte où il s'agit de promouvoir le fret ferroviaire pour réduire les émissions de CO₂.
L'option tunnel : un défi technique
La seconde option vise à concevoir une ligne plus adaptée au fret, en minimisant les dénivelés. Deux scénarios émergent :
- Le premier propose une traversée directe à travers un tunnel géant de 12 kilomètres.
- Le second opte pour un contournement du massif, combinant viaducs et tunnels plus courts.
Bien que ces solutions soient plus coûteuses et techniquement complexes, elles offrent des avantages significatifs, notamment un impact paysager réduit et la possibilité de transporter des marchandises. Elles obtiennent le soutien de la Région Occitanie ainsi que de nombreuses associations écologistes.
Un tunnel sous un “gruyère” géologique
Parmi ces options, le projet de tunnel suscite autant d'admiration que d'inquiétudes. S'il est réalisé, il deviendrait le plus grand tunnel ferroviaire de France, après celui sous la Manche. L’entrée se trouverait à Rivesaltes et la sortie à Roquefort-des-Corbières. À une vitesse de 300 km/h, les passagers passeraient près de 2 minutes 30 sous terre.
Cependant, les défis sont nombreux. Le sous-sol des Corbières, composé de karst, est parsemé de cavités, galeries et rivières souterraines. Cela pose plusieurs risques. Par exemple, il pourrait être nécessaire de créer des ponts souterrains pour éviter les cavités, tout en intégrant des dispositifs de sécurité pour prévenir les chutes de pierres.
Un autre danger réside dans les rivières souterraines qui pourraient provoquer des inondations lors des travaux et perturber les cycles naturels de l'eau, affectant ainsi l'approvisionnement de certaines communes environnantes.
Environnement et infrastructures : un chantier sous surveillance
Le percement du tunnel génère également d'importantes quantités de boue. Les eaux utilisées durant le creusement doivent être recueillies et traitées avec précaution, surtout dans un sol karstique. Le moindre relâchement pourrait contaminer les réseaux souterrains.
SNCF Réseau est conscient de ces enjeux et a d'ores et déjà lancé des études approfondies avec des bureaux spécialisés pour anticiper les risques et appréhender au mieux les subtilités géologiques du massif.







