Le parquet de la cour d'appel de Versailles a requis, le 4 mai 2026, une peine de trois ans de prison, dont un an ferme, pour Dominique Boutonnat, ancien président du Centre national du cinéma (CNC), accusé d'agression sexuelle sur son filleul en 2020. Malgré sa condamnation initiale en 2024, Boutonnat continue de conteste les accusations, suscitant des critiques liées à sa "posture de déni".
La décision finale sera rendue le 22 juin prochain.
En première instance, Dominique Boutonnat, qui a exercé une influence considérable dans le domaine du cinéma français, avait également nié les faits tout en affirmant qu'il comprend mieux maintenant la "souffrance réelle" de son filleul. Il avait été contraint de démissionner du CNC, une institution responsable de la prévention des violences sexuelles dans le secteur cinématographique, suite à sa condamnation.
Les allégations de son filleul
Lors d'un voyage en Grèce en août 2020, son filleul, alors âgé de 20 ans, accuse Boutonnat de tentatives d'agression. Selon lui, après une baignade nue, Dominique aurait tenté de le masturber dans son lit. Le jeune homme affirme avoir réagi en se masturbant pour mettre fin à l'agression.
Boutonnat admet avoir pris des photos nues de lui, mais soutient qu'il était plutôt intéressé par le paysage. En outre, il a été question de baisers échangés dans la chambre, que Boutonnat présente comme consensuels.
Il est également convenu que le lendemain, Boutonnat est entré dans la salle de bain de son filleul pour clarifier la situation, ce qu'il a expliqué comme un besoin de lever toute ambiguïté sur les événements de la veille. "J'ai 50 ans, ce n'est pas possible de se retrouver à moitié nus à s’embrasser", a-t-il déclaré lors de l’audience.
Une décision attendue le 22 juin
Dans un enregistrement réalisé peu après les faits, Dominique Boutonnat admet avoir commis des actes qu'il admet être des erreurs, mais il refuse de les qualifier de sexuels. "Rien de sexuel", a-t-il insisté.
Au cours de l'enquête, il a tenté de déculpabiliser le jeune homme par "excès d’empathie", ignorant qu'il était enregistré. Malgré ses affirmations, il a aussi demandé à son interlocuteur de garder tout cela secret.
Une de ses amies, présente lors de l’enregistrement, confirme que Boutonnat n’est "pas un boyfriend", ce qui a soulevé des interrogations. L'avocate du jeune homme a insisté sur l'ambiguïté de leur relation. "Ce qui s’est passé cette nuit-là était extrêmement volatil", a décrit une avocate de Boutonnat. La décision de la cour est toujours en attente.







