Le collectif de plusieurs associations, incluant le Réseau de lutte contre le fascisme, exprime son indigné face à une cérémonie programmée le 7 juin au cimetière du Touvet. Ce rassemblement commémore Claude Piegts, un ancien membre des commandos de l'Organisation de l'Armée Secrète (OAS), exécuté en 1962 pour le meurtre de Roger Gavoury, commissaire central d'Alger.
Une nostalgie problématique
Depuis cinq décennies, la Fédération nationale des Rapatriés (FNR) organise ce rassemblement autour de la mémoire d'hommes tristement célèbres pour leur engagement dans une lutte violente pour l'Algérie française. Jean-Claude Canié, délégué en Isère, défend ce rituel en affirmant que les anciens participants sont âgés et souhaitent simplement honorer ceux qu'ils considèrent comme des héros. Pourtant, des voix critiques soulignent que ce rassemblement financé par des nostalgies coloniales et un climat politique troublé peut altérer la mémoire collective.
Une association co-organisatrice aux liens troubles
Outre la FNR, l’ADIMAD, une association fondée par d’anciens de l'OAS, est également impliquée. Avec des figures nationales de l'extrême droite, comme Jean-Pierre Papadacci, ce rassemblement dépasse le cadre des simples commémorations. Adrien, du Réseau contre le fascisme, alerte sur la présence croissante de groupuscules extrémistes, craignant que ces événements ne servent de tremplin pour promouvoir des idéologies radicales au sein des nouvelles générations.
Une tentative de prohibition vaine
Les autorités locales, tant la mairie que la préfecture, semblent impuissantes face à cette cérémonie. Bien qu’il y ait eu des tentatives d’interdiction, celles-ci ont été bloquées par le Tribunal administratif, invoquant la liberté de réunion et l’absence d’un trouble à l’ordre public. Néanmoins, la gendarmerie sera en alerte lors de l'événement prévu, témoignant des tensions qui persistent autour de cette question.
Une anti-commémoration en guise de réponse
Face à cette situation, les associations anti-fascistes prévoient de manifester à proximité du cimetière pour contrecarrer le rassemblement. Ce geste vise à rappeler que l'histoire ne doit pas être manipulée pour honorer ceux condamnés par la justice. L'Union nationale des combattants (UNC) a même désavoué l'un de ses membres ayant assisté à ces rassemblements, affirmant qu'honorer des hommes condamnés pour des crimes politiques est inacceptable.
Ainsi, la dynamique à l'œuvre en Isère met en lumière les luttes de mémoire qui traversent la société française, entre une nostalgie qui s'accroche à des symboles controversés et un rejet ferme de l'extrême droite.







