Strasbourg : un concert controversé avec Médine soulève des débats

Un meeting-concert pro-Palestine avec Médine suscite tensions et controverses à Strasbourg.
Strasbourg : un concert controversé avec Médine soulève des débats
Le rappeur havrais Medine lors des Journées d'été d'Europe Ecologie Les Verts en août 2023 au Havre. - I. Harsin/SIPA

Le 17 juin prochain, un événement organisé au Palais de la musique et des congrès (PMC) de Strasbourg par l’Alliance de gauche européenne, groupe dont La France insoumise fait partie, crée la controverse. Ce concert, qui coïncide avec une session mensuelle du Parlement européen, vise à marquer la fin d’une campagne visant à suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël. Selon l’eurodéputée Manon Aubry, cette initiative a réuni un million de signatures. Cependant, l’annonce de la présence du rappeur Médine sur l’affiche de l’événement a provoqué des critiques.

Christophe Caillaud-Joos, directeur général de Strasbourg Events, a exprimé sa surprise face à la nature de l’événement. « Nous accueillons les partis politiques sans discrimination, ce lieu est neutre », a-t-il affirmé, tout en signalant qu'il s'attendait à une conférence sur le droit international plutôt qu'à un concert. Il a ajouté : « Vous pouvez organiser la conférence, mais pas le concert. » Pour lui, cet événement semble porter un aspect « plus virulent » et constitue une « polémique ».

« Une volonté de censure politique », selon LFI

Manon Aubry a contesté cette version, affirmant avoir demandé dès avril une « réunion publique avec possibilité de concert gratuit à la fin ». « Nous avons informé la salle qu’un concert avec Médine était prévu », a-t-elle ajouté. Elle dénonce une éventuelle « pression » de la mairie de Strasbourg, dirigée par Catherine Trautmann, estimant qu'il existe une « volonté de censure politique ». Elle affirme cependant vouloir éviter une « bataille judiciaire ».

Le rappeur Médine a, par le passé, été au cœur de diverses controverses, notamment suite à un tweet jugé antisémite qu’il a par la suite regretté, ainsi que des positions critiquées comme homophobes ou islamistes. Il demeure une figure clivante. Manon Aubry rappelle néanmoins que « Médine n'a jamais été condamné ». De son côté, Franck Leroy, président de la région Grand Est, a accusé La France insoumise d’entretenir une « ambiguïté calculée concernant l’antisémitisme », tandis qu’un groupe d'opposition a signalé cet événement à la présidence du Parlement européen.

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