Deux ans après les émeutes qui ont secoué la Nouvelle-Calédonie, un non-lieu a été prononcé par les juges d'instruction parisiens en faveur de Christian Tein, figure de proue du mouvement indépendantiste, ainsi que des membres de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT). Cependant, cette décision n'a pas tardé à susciter l'indignation du parquet, qui a décidé de faire appel.
Initialement ouverte sur place en 2024, l'instruction sur la CCAT a été transférée à Paris en janvier 2025, suite aux défis juridiques complexes posés par ce dossier. Quatorze individus, dont Tein, étaient accusés de divers actes de violence, mais les juges ont finalement rejeté les charges d'insurrection, affirmant que leur action ne visait pas à compromettre les institutions de la République.
Les avocats de Tein ont salué le travail des magistrats, déclarant à l'AFP que leur client avait subi des conditions de détention inhumaines pendant près d'un an, avant d'être entièrement disculpé. « C'est le constat d'une action qui semblait vouloir museler une voix politique », ont-ils ajouté.
La décision de clôturer l'instruction intervient après une période de tensions politiques intenses, notamment à la suite des émeutes de 2024, qui ont conduit Emmanuel Macron à décréter l'état d'urgence. Les violences, provoquées par des débats sur le dégel du corps électoral, ont fait 14 victimes et causé des dommages estimés à plus de deux milliards d'euros.
Le parquet, pour sa part, estime nécessaire de poursuivre les investigations. Plusieurs avocats, comme Me François Saint-Pierre, ont exprimé leur satisfaction quant à la décision des juges d'instruction, affirmant que celle-ci était une preuve du fonctionnement d'un état de droit. Toutefois, les inquiétudes persistent alors que les membres de la CCAT sont suspectés d'avoir orchestré une série d'incidents violents visant à déstabiliser les institutions de l'État.
Les répercussions de cette affaire vont bien au-delà des individus concernés, touchant les relations déjà fragiles entre la population kanak et l'État français. Alors que le débat politique se poursuit, nombreux sont ceux qui appellent à une réelle réévaluation du système judiciaire pour garantir que justice soit faite.







