Ce samedi 6 juin, le Collectif des Nés sous X d'Ici et d'Ailleurs, qui compte 5 000 membres en France, a organisé un café-rencontre dans la salle des Embruns à Aytré, près de La Rochelle. Ce rassemblement a permis à une quinzaine de Charentais de discuter des défis auxquels ils sont confrontés en matière d'identité et d'accès à leurs origines.
Les participants ont mis en lumière les lois sur la naissance sous X, qui permettent à une mère de laisser son enfant à l'État tout en restant anonyme, mais ne leur offrent pas la possibilité de connaître leurs origines. À cette occasion, la discussion s'est centrée sur la nécessité d'un meilleur accès à l'identité des parents et la légalisation des tests ADN, actuellement interdits en France.
Des témoignages poignants
Claude, née sous X en 1947, a raconté son parcours : "On veut une révision de ces textes. On est des personnes normales, mais on est toujours considérées à part." Son vécu résonne avec celui d'autres participants qui expriment leur douleur face à cette situation. "Ce qui me fait mal, c'est qu'on m'a dit que ma mère ne voulait pas me laisser," témoigne-t-elle, visiblement touchée par son histoire.
Militer pour le changement
Lors de la rencontre, des membres du collectif ont plaidé pour une évolution législative afin de faciliter l'accès aux origines. Erik Pilardeau, co-fondateur du collectif, a insisté sur le fait que "la loi est obsolète face à l'évolution de notre société". Plusieurs participants, comme Liliane Greil, ont partagé leurs réussites grâce aux tests ADN, des outils qui leur ont permis de retrouver leurs familles après des décennies de recherche.
L'absence d'accès aux antécédents médicaux
Domitilla Courtinat a évoqué son expérience personnelle, rappelant que son chemin a été parsemé de souffrances liées à son histoire de naissance. "Il y a eu des années d'errance et de souffrance, car je n'avais pas accès à mes antécédents médicaux," a-t-elle affirmé, soulignant que cette quête d'identité est non seulement une question d'histoire personnelle mais aussi de santé et de bien-être.
Le collectif espère que leurs témoignages permettront d'attirer l'attention des décideurs et que des travaux pour modifier la loi seront engagés d'ici l'automne. La lutte pour la reconnaissance et l'accès aux origines se poursuit, car pour ces nés sous X, il ne s'agit pas seulement de la connaissance de leur passé, mais aussi de la possibilité de se projeter dans l'avenir.







