Conflit au sein de la Métropole : Jean-Michel Aulas, déjà sous haute tension en raison d'une plainte pour viol visant un ancien conseiller, a décidé de ne pas se retirer de son poste, malgré les pressions exercées par Véronique Sarselli, présidente LR de l'institution.
Ancien candidat à la mairie de Lyon et actuellement premier vice-président de la Métropole, Aulas a hérité de ce rôle grâce à un arrangement électoral avec la présidente Sarselli, qui a récemment pris le contrôle de cette collectivité aux mains des écologistes.
L'alliance entre ces deux figures politiques a volé en éclats presque immédiatement après les premières révélations d'une plainte pour viol par soumission chimique, déposée par une militante ayant travaillé sur la campagne d'Aulas, à l'encontre de son directeur de communication.
"Face à la gravité des accusations", Sarselli a convoqué une réunion avec Aulas, Laure Cédat et Emmanuel Imberton, élus métropolitains auxquels la plaignante s'est confiée. La présidente a demandé lors de cet échange leur mise en retrait respectueuse, en mémoire de la victime présumée et de l'institution.
Selon sources proches de la présidente, une telle mise en retrait signifierait une suspension de leurs fonctions, que ce soit en public ou en privé.
Sarselli a reçu le soutien des partis formant sa majorité (LR, Horizons, UDI, Renaissance, Les centristes), tous appelant à une prise de responsabilité collective.
Cependant, Aulas et Cédat ont fermement refusé cette demande, arguant qu'ils ne sont "ni mis en cause, ni impliqués" dans cette situation. Dans un communiqué, ils ont précisé : "Nous avons conseillé à la plaignante de porter plainte, mais elle ne souhaitait pas agir dans un premier temps".
Aulas, défendant son ancien conseiller, a exprimé qu'il avait obtenu l'assurance que la relation en question était "consentie". Selon son avocate, Cosima Ouhioun, il réfute avec fermeté les accusations portées contre lui.
La vice-présidente de la Ligue féminine de football, également vice-présidente de la Fédération française de football, a ordonné à son employé de rester éloigné du quartier général de campagne. Ils ont aussi ajouté qu'ils déploraient toute interprétation selon laquelle une connaissance des faits pourrait être perçue comme une complicité.
Alors que la tension montait lors d'une réunion des conseillers métropolitains, le groupe a exprimé son soutien à Sarselli et a renouvelé sa demande pour le retrait d'Aulas.
Pour sa part, Aulas a maintenu sa position sans état d'âme. Dans un entretien au journal Le Progrès, le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a affirmé qu'Aulas et son entourage n'avaient pas saisi l'ampleur de la situation, tandis que la députée LFI Anaïs Belouassa Cherifi a critiqué ceux qui protègent un agresseur plutôt que de défendre les victimes.
Contacté par l'AFP, le parquet a préféré ne pas commenter cette délicate affaire.







