Une étudiante de 18 ans, Anaïs, a décidé de briser le silence concernant des actes de racisme qu'elle a subis au sein de l'établissement privé Saint-Etienne de la Miséricorde à Metz. Inscrite entre septembre et novembre 2025 dans une filière de BTS, Anaïs dénonce un environnement hostile où elle a été victime de harcèlement, non seulement de la part de ses camarades, mais aussi d'un surveillant et de membres de la direction.
Son témoignage, relayé par Konbini, met en lumière une réalité accablante. "J'étais la seule personne typée de ma classe, et rapidement, des commentaires désobligeants sur les immigrés ont commencé à fuser," raconte-t-elle, soulignant le sentiment d'isolement qu'elle a ressenti dès ses premiers jours.
Trois mois de harcèlement
Le harcèlement a atteint son paroxysme lorsqu'une responsable n'a pas hésité à lui retirer sa chaise, lui ordonnant de s'asseoir après que toutes les autres filles aient trouvé leur place. “ Toutes les filles blanches ont pu s'assoir où elles voulaient, pas moi,” déclare Anaïs, visiblement affectée par ces actes d'ostracisme.
Un incident encore plus tragique s'est déroulé lorsqu'après avoir informé un surveillant de son retard à cause d'un bus bondé, celui-ci a répondu de manière humiliant en insinuant qu'elle serait habituée à être entassée, une référence particulièrement blessante.
Suite à ces évènements, sa mère a pris des mesures, contactant l'école et partageant des vidéos sur les réseaux sociaux, ce qui a conduit à l'exclusion de sa fille, jugée comme étant à l'origine de propos "menaçants et diffamatoires". En février, Anaïs a déposé plainte et une enquête judiciaire est actuellement en cours, dirigée par la police judiciaire de Metz.
Des procédures en cours
Malgré sa situation délicate, l'étudiante est soutenue par le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples), qui dénonce l'injustice subie par Anaïs, indiquant qu'elle ne devrait pas être tenue responsable des actes de sa mère. La direction diocésaine de l'enseignement catholique, quant à elle, a choisi de ne pas commenter en raison de la confidentialité entourant l'affaire.
Le député de Guyane, Davy Rimane, s'est engagé à porter cette affaire au sein de l'Assemblée nationale, interrogeant le gouvernement sur les mesures prises pour protéger les jeunes victimes de racisme. "Que comptez-vous faire pour ces jeunes brisés par une réalité qu'ils subissent au quotidien ?" a-t-il demandé.
La voix des victimes
Le MRAP souligne la difficulté pour les victimes de racisme à porter plainte, face à des statistiques révélant qu'à peine 1% des personnes touchées par des actes racistes prennent des mesures légales. Anne Féray, présidente de l'association à Metz, insiste sur le besoin urgent de transformer ces statistiques et de donner une voix aux victimes.
Ce témoignage tragique d'Anaïs met en lumière des enjeux cruciaux auxquels sont confrontés de nombreux étudiants en France. Un appel à l'action fait écho, renforçant l'importance d'un soutien systémique pour inverse les tendances historiques du racisme et de la discrimination. Anaïs, comme beaucoup d'autres, mérite d'être écoutée et protégée.







