En février, le directeur de l'école primaire privée Sainte-Marie Bastide à Bordeaux a été placé en garde à vue suite à une plainte pour viol et agressions sexuelles sur un élève, Arthur, concernant des faits survenus lors de sa scolarité dans les classes de CP et CE1. Fin juillet, une deuxième plainte a été déposée par la famille d'un autre jeune garçon de 7 ans, signalant des abus qui remonteraient à sa dernière année de maternelle.
Les professionnels du Centre médico-psychologique pour enfants et adolescents ont alerté les autorités suite aux déclarations d'Arthur, rapportant des agressions physiques et verbales. Dans une interview, sa mère, Juliette, confie : « L'expert a mis des mots sur ces faits graves. » L'enquête a été déclenchée en raison d'un signalement formel, ce qui a entraîné une audition de l'enfant. « Il a tout raconté en détail », a-t-elle ajouté.
Les allégations suggèrent que les abus auraient eu lieu dans le bureau du directeur, une pièce qui, selon un enseignant, a été récemment déplacée à un étage isolé. Cependant, selon l'un des avocats du directeur, Me Fanny Saurat, « la porte du bureau était toujours ouverte » et « la pièce donne sur la salle des professeurs ». Cette contradiction soulève des questions sur la sécurité et la transparence des protocoles de l'école.
Des témoignages poignants
Arthur, selon sa mère, avait été en détresse, affichant des signes d'anxiété sévère depuis l'entrée à l'école. « Chaque matin, il hurlait et s'accrochait à ses parents », se remémore Juliette. Le jeune élève avait même fugué de l'école, exprimant des pensées de mort. « Maintenant, nous comprenons mieux la douleur qu'il vivait », explique sa mère, visiblement bouleversée.
« Nous étions dans la pire des douleurs et on nous a mis à la porte de l’école », a affirmé Juliette, soutenue par Me Bruno Questel, l'avocat des familles. Ce dernier qualifie la gestion de cette affaire par l'établissement de « déshumanisée ».
Le directeur de l'école, Gilles Valade, a contesté ces accusations, arguant dans un courrier que son intention était de protéger l'enfant émotionnellement. Ce courrier a été consulté par le média Sud Ouest.
Des critiques venant des parents ont conduit à la formation d'un collectif, « Protégeons nos enfants », qui a récolté plus de 160 signatures. Ils appellent à une meilleure gestion des crises et demandent plus de transparence dans la communication entre l'école et les familles.
Pour améliorer la situation, l'Éducation nationale a nommé un médiateur. Cependant, la réponse de l'école a été jugée insuffisante par certains parents. « La psychologue est venue une journée, mais beaucoup d'entre nous n'étaient pas informés du contexte », a regretté une mère d'élève.
Contacté par Sud Ouest, le directeur coordinateur a refusé de commenter. En parallèle, le directeur diocésain de Gironde, Cédric Coureur, assure que l'établissement collabore pleinement avec les autorités judiciaires. Un protocole de gestion de crise est actuellement en finalisation.
Le 30 juin et le 1er juillet, des inspecteurs de l'Éducation nationale se sont rendus sur place dans le cadre d'une mission de contrôle.
Le directeur, pour sa part, continue de contester les accusations, les qualifiant d'impossibles, et se bat pour sa réputation, ayant engagé une procédure en diffamation contre un site d'information.
(1) Les prénoms ont été modifiés.







