Dans un style habituel grandiloquent, Donald Trump annonçait il y a six mois, via Truth Social, la création de son Conseil de la paix. Ce dernier a été conçu pour appliquer son plan de sortie du conflit entre Israël et le Hamas à Gaza. Heureusement, la réalité a rapidement fait taire l'enthousiasme initial.
Ce Conseil, mis en place suite à la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l'ONU, est qualifié de "coquille vide" par Jean-Paul Chagnollaud, président d'honneur de l'Institut de Recherche et d'Études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO). Alors que la charte a été ratifiée en janvier à Davos, le silence se fait pesant depuis la première réunion à Washington en février. À ce jour, les 28 pays membres n'ont pas pu se réunir, en raison notamment du scepticisme des Européens vis-à-vis de cette instance concurrente.
Le comité exécutif, regroupant l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair et quelques proches de Trump, n'a pas donné signe de vie depuis son inauguration. Karim Emile Bitar, chercheur à l'IRIS, avance que "le Conseil de la paix n'est probablement pas mort, mais il est resté inactif". "Toutes les promesses se sont vite dégonflées comme des baudruches", ajoute-t-il.
Inaction face à la crise de Gaza
La deuxième phase du plan de paix, qui implique le désarmement du Hamas et un retrait progressif de l'armée israélienne, stagne. Le cessez-le-feu, en vigueur depuis le 10 octobre 2025, est continuellement violé.
Avec au moins 1.098 Palestiniens tués à Gaza depuis l’entrée en vigueur de la trêve, la situation humanitaire devient alarmante. Les besoins d'aide augmentent alors que le volume de soutien reste insuffisant. "Les deux millions de Gazaouis sont confinés dans des abris de fortune", déplore un rapport du Monde.
Nikolaï Mladenov, représentant spécial pour Gaza, a admis que la situation se dégradait, révélant l'impuissance du Conseil. La relation complexe entre Israël et le Hamas rend difficile toute avancée. Le mouvement islamiste exige une administration palestinienne avant d’envisager de se désarmer, comme l'a souligné le Hamas lors de la dissolution de ses instances dirigeantes.

Le NCAG, formé par le Conseil de la paix sous la direction d'Ali Shaath, devait gérer Gaza durant la transition. Malheureusement, ses membres se réunissent uniquement au Caire, à cause des restrictions d'accès imposées par Israël. Ces réunions ne font que souligner l'absence de progrès tangible.
Des promesses de financement inédies
Les compléments de financement se heurtent aux réalités du terrain. Sur les 10 milliards de dollars promis par les États-Unis et les 7 milliards des pays membres, peu de fonds ont réellement été transférés. "Les engagements se sont effrités face à l'escalade des conflits dans la région", souligne Bitar.
Un rapport du Financial Times indique que le Maroc et les Émirats Arabes Unis sont parmi les rares contributeurs, ayant versé respectivement 3 et 20 millions de dollars, alors que les besoins nécessaires pour reconstruire Gaza ont été évalués à 71,4 milliards de dollars.
Par ailleurs, un projet controversé attribuant une immunité juridique aux membres du Conseil a été envisagé, suscitant des préoccupations quant à la transparence.
Dans l'état actuel, il semble que le Conseil de la paix ait perdu initialement sa pertinence, même pour Donald Trump, dont l'attention se détache vers d'autres affaires, laissant les promesses de paix dans l'oubli.







