Dans un contexte criminel souvent marqué par des coïncidences macabres, l'affaire des meurtres de Karina Gama de Souza et Camila Marques Pereira s'inscrit dans une réalité glaçante. En mai 2020, Karina, âgée de 23 ans, est retrouvée sans vie dans une forêt près de Cacao, en Guyane. Son corps, partiellement calciné, révèle qu'elle a été étouffée avant d'être brûlée. Une échographie retrouvée sur les lieux indique qu'elle était enceinte de plusieurs semaines. Les soupçons se portent rapidement sur son compagnon, Sylvain Kereneur, issu d'une famille influente dans la région.
Lors de son procès, qui s'ouvre ces jours-ci en Martinique, Kereneur reconnait les faits, mais présente sa version des événements comme un acte accidentel survenu lors d'une dispute. Il affirme avoir voulu empêcher des cris pour ne pas réveiller son enfant. Cependant, la famille de Karina souligne qu'elle était victime de violences répétées depuis le début de sa relation avec lui.
Si l'affaire de Karina est tragique en soi, celle de Camila, tuée en 2006, ne peut être ignorée. Son corps a été retrouvé dans une décharge, manifestant également les marques d'une asphyxie suivie d'un acte de brûlage. Des années plus tard, une nouvelle enquête a été lancée, bouleversée par le meurtre de Karina qui a relancé les investigations. Les avocats de la famille de Camila ont suggéré que les modus operandi des deux crimes présentent des similitudes inquiétantes.
« Il est rare que des affaires soient rouvertes pour de nouvelles preuves », déclare Me Jérôme Gay, représentant de la famille de Camila. Les similitudes entre les meurtres, notamment l'asphyxie et l'incinération des corps, sont suffisement frappantes pour justifier un nouvel examen du dossier. Sylvain Kereneur continue de nier les accusations concernant Camila, mais les voix de la justice et de la société civile se multiplient pour dénoncer la violence à l'égard des femmes en Guyane.
Ce redressement judiciaire souligne la manière dont le système peine à protéger les femmes vulnérables face aux masculinités toxiques. Alors que le pays s'engage vers des réformes, les souvenirs des victimes comme Karina et Camila demeurent présents, tant sur le plan judiciaire que sociétal. La pression publique se renforce, poussant les autorités à agir. La lutte contre les féminicides est devenue une bataille impérieuse, à laquelle les citoyens souhaitent voir des réponses tangibles.







