Ce lundi 19 janvier, le tribunal correctionnel de Privas se penchera de nouveau sur l'affaire troublante relative à d'éventuels abus de faiblesse au sein de la Famille Missionnaire de Notre-Dame, une communauté catholique fondée à Saint-Pierre-de-Colombier, en Ardèche. Depuis mars 2024, cette affaire est marquée par des reports successifs, suscitant des questions sur la véritable tenue du procès.
Au cœur de cette polémique se trouve Gérard Pinède, souvent désigné comme le Père Bernard, âgé de 74 ans et leader de la communauté. Les plaignants, principalement des ex-membres, évoquent l'emprise psychologique exercée sur eux, ce qui ne fait que renforcer les préoccupations soulevées par le rapport de la Miviludes (Mission de Lutte contre les Dérives Sectaires), qui a examiné les activités de la congrégation entre 2018 et 2020.
Les accusations portent sur des pratiques jugées manipulatrices, allant de l'isolement familial à des pressions financières désastreuses, en passant par des limitations d'accès aux soins de santé. Cinq plaignants, dont quatre femmes et un homme, ont ainsi décidé de porter l'affaire devant la justice.
La réponse de la Famille Missionnaire de Notre-Dame à ces allégations est sans appel : elle les réfute catégoriquement. Pour faire entendre son point de vue, la communauté a publié un document détaillé sur son site, procédant point par point à la réfutation des accusations. Des membres de la communauté, soutenus par des proches, ont également établi un blog, soulignant la vie épanouissante qu'ils mènent au sein de la communauté.
Le tribunal s'attaquera ce lundi à de nouveaux enjeux, avec l’avocat du Père Bernard plaidant pour un renvoi du procès, avançant le manque d'impartialité de la juridiction de Privas. Il a également saisi la Cour de Cassation à ce sujet, tandis que la défense prétend ne pas avoir accès à l'intégralité des documents saisis lors de l'enquête.
Les avocates représentant les parties civiles dénoncent, quant à elles, des tactiques dilatoires de la défense, et elles insistent pour que l'affaire soit enfin jugée. La décision de la cour pourrait voir un quatrième renvoi ou, au contraire, le début d'un procès qui, selon les informations, pourrait s'étendre jusqu'à mercredi.
Alors que d’autres affaires similaires continuent d’émerger en France, cette situation illustre les défis persistants liés à la régulation des pratiques de certaines communautés religieuses. L’opinion publique est de plus en plus attentive à ces questions, et le verdict du tribunal pourrait avoir des répercussions significatives sur la perception des mouvements religieux.







