Le lundi 19 janvier, à l'issue d'un Conseil des ministres, Sébastien Lecornu, en charge des relations avec le Parlement, doit dévoiler la stratégie du gouvernement pour faire adopter le budget. Entre l'usage de l'article 49.3 et le recours aux ordonnances, la tension politique monte.
Dans cette délicate démarche, Lecornu cherche à rassembler les différentes sensibilités politiques. Parmi les propositions mises en avant, le maintien de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises est particulièrement scruté. Selon Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, "cette surtaxe touchera 300 grandes entreprises, générant environ 8 milliards d'euros." Cette mesure semble répondre à l'une des principales revendications du Parti Socialiste, qui attend une attention particulière du gouvernement.
49.3 ou ordonnances ?
En revanche, des partis comme La France Insoumise (LFI) et les écologistes jugent les concessions insuffisantes. Pour eux, ces propositions n'apportent pas de solutions tangibles aux problématiques soulevées par les citoyens. De plus, le MoDem réclame des éclaircissements sur certains points, tandis que le Rassemblement National qualifie le projet de "nuisible pour le pays".
Benjamin Morel, constitutionnaliste, souligne que la clé de la situation repose sur le Parti Socialiste : "Un tiers des voix du PS pourrait mettre le gouvernement en difficulté, il est donc vital pour Lecornu de sécuriser leur accord, même partiel."
Alors que le Conseil des ministres se prépare à se réunir, la question de savoir si le gouvernement choisira d'appliquer le 49.3 ou d'opter pour des ordonnances — une première historique pour l'adoption d'un budget — reste en suspens. Les enjeux ne pourraient pas être plus élevés, tant pour le gouvernement que pour les différents acteurs concernés dans cette phase cruciale de la vie politique française.
La pression s'accroît, et avec elle les attentes de la population, qui espère des décisions claires et efficaces. Selon un récent sondage de Ipsos, une majorité de Français se dit préoccupée par l'absence de solutions concrètes face à la crise économique en cours. Ainsi, avant d'annoncer sa stratégie, Lecornu devra peser ses mots et ses actions avec soin, car la réussite de ce budget pourrait s'avérer déterminante pour la suite de son mandat.







