Les discussions de vendredi marquent des retrouvailles entre les belligérants, un événement inédit depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022. Des délégués russes, ukrainiens et américains se sont réunis à Abou Dhabi pour aborder un thème pressant : les termes de la fin d'une guerre qui a déjà causé des dizaines de milliers de morts.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a souligné que la question des territoires occupés demeure un sujet sensible. « Les territoires sont au cœur des différends », a-t-il affirmé, insistant sur le fait que les pourparlers doivent se poursuivre samedi.
Roustem Oumerov, le chef des négociateurs ukrainiens, a déclaré que les discussions ont porté sur la cessation des hostilités orchestrées par la Russie et sur la nécessité d’atteindre une paix durable. Les prochaines rencontres sont en cours de planification.
D'un côté, la délégation russe, dirigée par le général Igor Kostioukov du GRU, a rappelé ses exigences, tandis que les États-Unis étaient représentés par les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.
L'ombre du Donbass
Alors que les discussions progressent, l'Ukraine se trouve dans une position vulnérable. Les récentes frappes russes ont mis à mal son réseau énergétique, provoquant de graves coupures de courant, particulièrement à Kiev, en pleine froidure.
Le Kremlin, pour sa part, a maintenu que la cessation de son offensive dépend d'un retrait ukrainien du Donbass. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a signalé : "Pour avancer, il faut résoudre la question territoriale. Sinon, un accord de long terme reste hypothétique." Ces déclarations soulignent l'importance capitale de la situation dans cette région industrielle.
Cette rencontre à Abou Dhabi intervient après plusieurs discussions bilatérales récentes, notamment entre Zelensky et Trump à Davos, suivies d'une réunion entre Poutine et les émissaires américains. Bien que les pourparlers de 2022 et 2025 aient abouti à peu de choses, l'acharnement dans la quête de la paix semble persister.
Comme l'a noté Zelensky, la question du Donbass est « clé » dans ce cadre de discussions, alors que l'autre partie de l'Ukraine continue d'être sous le contrôle russe. Une seconde rencontre sur des questions économiques a également eu lieu à Abou Dhabi entre Witkoff et Kirill Dmitriev, l’émissaire économique du Kremlin.
Un dialogue sous tensions
Ces négociations se déroulent sans la présence de pays européens, ce qui suscite des inquiétudes quant à l'influence américaine sur les résultats. Les responsables russes ont critique l'implication des pays de l’UE comme une forme d'ingérence.
D’après les informations reçues, Zelensky exprime une frustration face à l'état de la coopération européenne, qualifiant la situation actuelle de fragmentée et désunie. Lors du Forum économique mondial, il a souligné la nécessité de garanties de sécurité pour l'Ukraine, appelant à un engagement ferme de la part de ses alliés.
Sur le terrain, les combats continuent. Samedi, des frappes en Donetsk ont déploré des pertes humaines, y compris parmi les civils. Le climat d'angoisse se renforce alors que l'attente de résultats concrets des négociations grandit.







