Dans un jugement historique, la Haute Cour de Londres a annulé la décision du gouvernement britannique de classer Palestine Action, un groupe pro-palestinien, comme « terroriste ». Selon la Cour, cette classification portait atteinte aux droits fondamentaux à la liberté d'expression et de réunion. Cette avancée juridique marque un revers notable pour le gouvernement de Keir Starmer, déjà critiqué pour sa gestion des questions liées au mouvement palestinien.
La ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood a annoncé un appel, justifiant cette action par la nécessité de protéger la sécurité nationale. Le jugement de la juge Victoria Sharp a néanmoins souligné que l'interdiction du groupe était « disproportionnée ». Elle a reconnu que, bien qu'un nombre restreint d'activités de Palestine Action puissent être considérées comme des actes de terrorisme, la majorité de ses actions ne le sont pas.
Cette décision, saluée par de nombreux partisans de Palestine Action réunis devant le tribunal, a également reçu le soutien d'organisations de défense des droits humains, telles qu'Amnesty International et Human Rights Watch. Huda Ammori, la cofondatrice du mouvement, a exprimé sa joie sur X, affirmant : « Nous avons gagné ! »
Une décision controversée
Alors que le gouvernement tentait de justifier l'interdiction en raison d'intrusions sur des installations militaires, des experts ont critiqué cette approche. Selon l'ONU, le classement de Palestine Action comme « terroriste » était inapproprié et disproportionné. De plus, des personnalités comme le réalisateur Ken Loach et la romancière Sally Rooney s'étaient exprimées contre cette interdiction, la qualifiant d'atteinte à la liberté d'expression.
Le verdict a également suscité des inquiétudes au sein de la communauté juive. Le Conseil des représentants des juifs britanniques a exprimé sa préoccupation quant à l'impact des actions de Palestine Action sur son intégrité. De leur côté, des milliers de personnes ont été arrêtées en soutien à ce groupe depuis son interdiction, avec des peines de prison lourdes pour ceux qui manifestaient leur soutien.
Des luttes et des mobilisations
En attendant l'issue de l'appel, la police de Londres a annoncé qu'elle n'interviendrait plus contre les manifestations de soutien à Palestine Action. Cependant, l'escalade des tensions a conduit plusieurs activistes à entreprendre des grèves de la faim, imposant des défis éthiques et humanitaires au système judiciaire.
Créé en 2020, Palestine Action s'est engagé dans des actions directes contre le régime israélien, ciblant notamment les entreprises collaborant avec l'industrie d'armement israélienne. Sa récente visibilité s'est intensifiée après l'escalade du conflit israélo-palestinien, soulignant les pressions exercées par la situation en cours à Gaza. Huda Ammori, dans un récent documentaire, a rejeté les accusations d'antisémitisme, clarifiant que le groupe vise une lutte contre l'apartheid et la violence, sans considération pour les identités des acteurs économiques.







