La Cour de justice de la République (CJR) a prononcé, le 10 février, que la plainte déposée contre le ministre Sébastien Lecornu concernant l'acquisition de son master est irrecevable. Cette conclusion laisse sans réponse de nombreuses interrogations sur l'intégrité académique des hauts représentants de l'État, un sujet devenu épineux en France.
Cette affaire a débuté lorsque le site d'investigation Mediapart a révélé que Lecornu n'avait pas validé sa deuxième année de master en droit public, alors qu'il prétendait être titulaire de cette qualification dans plusieurs contextes, y compris sur son profil LinkedIn et à des conférences universitaires. Les révélations ont provoqué une onde de choc, d'autant plus que la crédibilité des hommes politiques est souvent mise à rude épreuve.
Le Syndicat national des agents publics de l’éducation nationale (Snapen) a ainsi déposé une plainte, soutenant que ceci constituait une « tentative de tromperie ». Cependant, la CJR a affirmé que, même en considérant les allégations comme fondées, elles ne portaient pas atteinte aux intérêts du syndicat plaignant.
L'avocat du Snapen, Vincent Brengarth, a exprimé sa déception quant à la décision, arguant que l'affaire méritait une attention plus rigoureuse de la part de la CJR. Il a déclaré à l'AFP : « Au vu de l’intérêt démocratique, nous attendions davantage de la CJR, qui montre ici ses limites. »
Du côté du gouvernement, Sébastien Lecornu a vigoureusement démenti les accusations, qualifiant cette polémique de « artificielle ». En réponse, il a annoncé son intention de déposer une plainte pour « dénonciation calomnieuse ». Cette réaction souligne les tensions entourant la perception publique des figures politiques et les questions de légitimité qu’elles soulèvent.
Les enjeux de cette affaire ne se limitent pas à un simple problème de diplôme. Selon plusieurs experts, cela reflète une inquiétude plus large quant à la transparence et à l'honnêteté au sein des institutions gouvernementales. En période de crise de confiance envers les élus, cet épisode pourrait avoir des conséquences sur la perception publique du Premier ministre. Ainsi, cette situation pourrait susciter un débat plus large sur les standards éthiques que les responsables politiques doivent respecter.
Pour conclure, il est clair que cette affaire ne s’arrête pas à une simple décision de justice. Les répercussions pourraient inciter des réflexions plus profondes sur la responsabilité et la transparence des élus en France.







