Il est 12 h 30 à Saint-Saturnin-de-Lenne et l'ambiance au cœur du "Saint-Sat", le bar-restaurant du village, est agréable. Les tables sont occupées par des ouvriers de passage et des habitants désireux de savourer un bon repas. Pourtant, il y a quelques années, une telle scène semblait impensable. Jusqu'en 2022, ce lieu abritait la mairie, déménagée après la fermeture tragique de l'école privée du village en 2019, un établissement qui avait tenté de survivre un an en tant qu'école hors contrat. Ce déclin démographique s'explique principalement par un conflit qui a profondément divisé la commune autour d'un projet d'implantation de 17 éoliennes, un sujet qui a provoqué des tensions au sein des familles au point d'inciter certains à scolariser leurs enfants ailleurs. "C’était très difficile, les gens ne se parlaient plus", se remémore Yves Bioulac, maire de la commune depuis 2020 et candidat à un second mandat.
Transformation et coopération au cœur de Saint-Saturnin
Avec l'abandon définitif du projet éolien par le Conseil d'État, la priorité a rapidement été de revitaliser le bourg. "On ne pouvait pas pleurer sur notre sort, il fallait redonner de la vie au village", souligne l’élu, aux côtés de sa première adjointe, Corinne Augade. Le choix de transférer la mairie et l'agence postale dans l'ancien bâtiment scolaire a permis de donner une nouvelle vie à l'espace, alors que l'ancien hôtel de ville se transformait en restaurant. "Nous n’avions plus de restaurant depuis longtemps et risquions de perdre la licence 4. D'abord, des habitants ont tenu un café associatif, avant que Amarian Chatelain et sa compagne Lucie Laviguerie n'acceptent de le reprendre", ajoute celui qui a dirigé la coopérative agricole Unicor.
Une dynamique collective pour l'avenir
Cette transformation a apporté un véritable cœur au village, autour de l'épicerie, de la salle des fêtes et de nouveaux locaux associatifs en projet. "D'ici juillet, un espace végétal sera créé pour accueillir divers événements", se projette Yves Bioulac. Les investissements, atteignant environ 3 millions d'euros, ont été en grande partie couverts par des subventions, permettant ainsi de maintenir une dette maîtrisée. "Restons vigilants sur nos dépenses de fonctionnement", rassurent les élus.
Pourtant, créer un espace de vie dynamique et l’entretenir sont deux défis distincts. "Les habitants se sont mobilisés pour ne pas laisser leur village s'éteindre", rappelle Yves Bioulac. Chapeauté par Corinne Augade, l'association L'Élan de Saint-Sat crée un riche réseau associatif pour organiser des activités à la salle des fêtes, récemment rénovée. Selon les derniers recensements, la population de la commune est passée de 295 à 328 habitants, en partie grâce à l'arrivée de nouvelles familles. "Aujourd'hui, nous contribuons davantage que lorsque l'école était ouverte !", précise le maire avec un sourire. La question d'une réouverture scolaire reste ouverte, bien que cela ne semble pas à l’ordre du jour. "Voir le bistrot plein, c'est fantastique. On n'aurait jamais imaginé cela six ans plus tôt !", conclut-il.







