Une récente étude menée par Santé publique France souligne des disparités frappantes dans la répartition géographique de la maladie de Charcot, une pathologie rare mais redoutée, qui entraîne une paralysie progressive et incurable. Selon cette étude publiée le 17 octobre, les zones où cette maladie est la plus présente présentent un taux de mortalité inquiétant, souvent deux à cinq ans après le diagnostic.
La maladie de Charcot, qui représente 90% des cas de maladies du motoneurone, fait l’objet d’un suivi attentif par les autorités sanitaires. Ce rapport fait état d’une incidence plus marquée dans des régions spécifiques, notamment la Bretagne, les Pays de la Loire, l'Auvergne-Rhône-Alpes et l’Occitanie. Paradoxalement, des départements ultramarins et la Haute-Corse affichent des taux d'incidence en dessous de la moyenne nationale.
Trois régions plus touchées que les autres
Les chiffres sont révélateurs : alors que le taux d'incidence est de 1,06 en Guyane, il atteint 3,77 en Bretagne pour 100.000 habitants. À un échelon départemental, des territoires comme la Lozère et le Morbihan se distinguent par une incidence et une mortalité plus élevées. Ce constat est corroboré par des analyses qui pointent du doigt des zones spécifiques telles que Nîmes, Avignon, Alès, ainsi que Guingamp et Lorient.
Pour mieux comprendre ces disparités, Santé publique France évoque les défis liés à l'identification des causes. "L'hypothèse la plus évoquée repose sur une interaction complexe entre facteurs génétiques et environnementaux", a précisé l'épidémiologiste Michel Vernay lors d'une conférence. Les éléments environnementaux (pesticides, pollution, tabagisme) sont également envisagés comme potentiellement influents.
Environ 2.250 cas recensés chaque année
Cette étude, qui couvre la période de 2010 à 2021, a révélé qu’environ 2.250 cas et 1.840 décès étaient enregistrés chaque année en France, hors Mayotte. La tendance se maintient avec une incidence et une mortalité relativement stables, touchant principalement les hommes et les personnes âgées, avec une concentration de cas entre 70 et 79 ans. Ce panorama met en exergue la nécessité d’approfondir la recherche pour aiguiser les connaissances sur cette maladie et ses enjeux de santé publique.







