Jean-Marc Laurent, le premier « papa Dépakine » à prendre des mesures judiciaires, a déposé plainte contre X en lien avec les troubles de sa fille Margot, une adolescente souffrant de graves problèmes de développement. Ce cas pourrait ouvrir la voie à d'autres recours juridiques similaires, visant à responsabiliser les laboratoires comme Sanofi pour les effets néfastes de la Dépakine.
Me Charles Joseph-Oudin, avocat à la réputation bien établie dans ce dossier, a confirmé que cette première démarche pourrait inciter d'autres pères concernés à agir. En effet, une étude réalisée en France a conduit à la découverte que le valproate de sodium, principe actif de la Dépakine, pourrait perturber le développement d'un enfant si son père l'a utilisé durant les mois précédant la conception.
Une plainte pour « administration de substance nuisible » et « mise en danger d’autrui »
La plainte déposée par Laurent évoque plusieurs chefs d’accusation, notamment « administration de substance nuisible » et « mise en danger d’autrui ». « Ma fille est malade à cause de moi », a-t-il confié au Monde. La prise de conscience autour de cette problématique a été accélérée grâce à des figures comme Marine Martin, présidente de l'association des victimes de la Dépakine, qui souligne que plusieurs pères partagent des préoccupations similaires.
Une vingtaine de plaintes en préparation
Me Joseph-Oudin a déclaré qu'il y a déjà une vingtaine de dossiers en cours de constitution, suscitant l'intérêt de nombreux autres pères. La volonté d'expertise judiciaire et de mise en lumière des liens de causalité promet un tournant dans la bataille contre les effets secondaires de ce médicament.
Le rendez-vous annulé avec le ministère de la Santé pour discuter des droits à indemnisation des pères Dépakine a laissé Marine Martin frustrée. « C’est complètement inadmissible », a-t-elle réagi. Elle insiste sur la nécessité de rétablir cette rencontre pour faire avancer les droits des familles touchées.
En réponse à ces événements, Sanofi a déclaré, par l'intermédiaire de son porte-parole, qu'ils n'étaient pas en mesure de commenter des cas individuels et ont indiqué que des mises à jour concernant les risques potentiels associés au valproate avaient été effectuées depuis 2024.







