Prévu du 24 au 29 mars, le Printemps décolonial de Bordeaux se profile déjà comme un événement marquant dans le paysage culturel et social de la ville. Ce festival, centré autour du « Guide du Bordeaux colonial », propose une série d'activités allant des rencontres, expositions, performances, aux concerts et débats.
Gérard Clapé, président de l’association organisatrice, souligne que cette initiative découle d'une exploration entamée en 2020, cherchant à mettre en lumière les strates d'une histoire trop souvent étouffée. « La colonialité, cet héritage douloureux, persiste non seulement dans notre cadre urbain, mais aussi dans notre psyché collective. C'est le moment de déconstruire ces préjugés et discriminations », déclare-t-il.
Une multiplication des voix et des perspectives
Ce printemps sera marqué par la diversité des perspectives. Au-delà des éternelles références à la traite négrière, il englobera l'ensemble des récits coloniaux, évoquant également les histoires de la Kanakie, de Mayotte et des Roms, soulignant ainsi que l'empreinte coloniale s'étend bien au-delà des côtes africaines.
Le collectif d'organisateurs s'est élargi, intégrant des acteurs tels que le Laboratoire des Afriques dans le monde (LAM), des associations comme Mémoire et Partages, et divers artistes qui contribueront à la richesse de cet événement.
Les activités prévues sont multiples : débats sur des sujets contemporains tels que la question palestinienne, des performances artistiques de créations afrodescendantes, ainsi que des déambulations en plein air pour retracer l'impact du colonialisme sur l'urbanisme bordelais. Le festival se conclura par un week-end de balades qui invitera les participants à redécouvrir la ville à travers le prisme de son histoire coloniale.
Ce Printemps décolonial à Bordeaux se positionne comme un geste fort de réappropriation de l’histoire, son but étant de favoriser un dialogue constructif sur le racisme ordinaire et les conséquences de l’héritage colonial.







