Il y a des protocoles que l’on met en place en espérant ne jamais avoir à les utiliser. Celui qui a été signé à Libourne le 24 mars en fait partie. Ce document de sept pages vise à anticiper la protection des enfants mineurs lors d’un féminicide ou d’un homicide dans le couple. Cet outil s’inscrit dans la lutte contre les violences intrafamiliales (VIF), une priorité pour le parquet de Libourne selon le procureur général Eric Corbaux.
Le territoire est touché par ces tragédies, se remémorant des cas récents comme le féminicide de Saint-Ciers-d’Abzac, où ce protocole a été mis à l’épreuve. En effet, l’augmentation des violences depuis le début de l’année alerte les autorités, comme l’a souligné le procureur de la République, Loïs Raschel.

« Apporter de l’humanité »
Initié en 2022 par le ministère de la Justice, ce protocole a pris en compte les besoins spécifiques des enfants, envisageant des réponses adaptées en situations chaotiques. La magistrate responsable, Émilie Maceron-Cazeneuve, souligne l'importance d'une annonce adaptée en fonction de l'âge de l'enfant. Les effets des réseaux sociaux ajoutent une couche de complexité à la situation et nécessitent une intervention rapide et humaine.
« Un enfant qui a 4 ans et un enfant qui en a 15… L’annonce ne va pas être la même. »
Christian Soubie, directeur des hôpitaux de Nord-Gironde, précise que l'hôpital doit conserver son rôle d'accueil et de protection dans ces situations critiques.
Ce protocole structure les étapes cruciales de la prise en charge, permettant l'anticipation et une réponse rapide, notamment par la désignation d'un administrateur ad hoc pour représenter légalement l'enfant confronté à ces tragédies.
« Lors d’un féminicide, le temps administratif ne peut être celui de l’action », conclut Bachir Bakhti, préfet délégué pour l’égalité des chances, renforçant l’urgence et la nécessité de ce dispositif.
Les signataires
Ce protocole a été élaboré avec la participation de divers acteurs locaux : le préfet délégué pour l’égalité des chances, le procureur de la République, le Département de la Gironde, le groupement de gendarmerie de Gironde, les services de l’Éducation nationale, l’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine, le centre hospitalier de Libourne et l'association Vict’Aid.







