Alors que les tensions entre Israël et le Liban demeurent vives, plusieurs responsables israéliens évoquent à présent la possibilité d'une occupation du sud du Liban jusqu’au fleuve Litani, situé à environ vingt kilomètres au nord de la frontière actuelle.
Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a récemment indiqué qu'il avait donné l'ordre à l'armée d'élargir cette zone de sécurité dans le cadre d'opérations visant à contrer le Hezbollah, mouvement pro-iranien considéré comme une menace sérieuse. "J'ai ordonné d'étendre davantage cette zone afin de neutraliser définitivement toute menace d'invasion et de protéger notre frontière des tirs de missiles antichars", a-t-il déclaré lors d'une réunion avec les hauts responsables militaires et le ministre de la Défense.
Les forces israéliennes ont déjà établi des zones de sécurité en Syrie, à Gaza et au Liban, et cette démarche vise à établir un contrôle plus solide sur la région. "Cette expansion aura pour but de limiter au maximum les attaques potentielles contre Israël", a souligné Netanyahou.
Le fleuve Litani comme nouvelle frontière ?
Le débat autour d'une potentielle occupation du sud du Liban a pris de l'ampleur ces dernières semaines, surtout depuis le lancement de l'offensive contre le Hezbollah le 2 mars. Les forces de Tsahal ont récemment détruit plusieurs infrastructures, dont cinq ponts stratégiques le long du fleuve Litani. Selon Israël, ces ponts serviraient au passage de combattants et d’armements vers le Hezbollah. Le ministre de la Défense, Israël Katz, a même précisé que l'armée prendrait le contrôle des autres ponts pour garantir la sécurité dans la région.
Les experts militaires, comme le général Dominique Trinquand, estiment que ces destructions sont également symboliques, marquant une ligne de fracture claire entre le contrôle israélien et le territoire libanais. Dans une interview, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a martelé que "la frontière israélienne doit être fixée au Litani", accentuant ainsi les ambitions territoriales d'Israël.
Face à cette escalade, la France a récemment appelé Israël à faire preuve de retenue, avertissant que des actions militaires pourraient entraîner "des conséquences humanitaires majeures" pour la population libanaise. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères français a exprimé des inquiétudes face à la possibilité d'un conflit prolongé.
Une zone tampon prévue par l’ONU
Cette situation rappelle les événements de 1978 à 2000, période durant laquelle Israël a occupé le sud du Liban, une occupation qui a nourri la montée en puissance du Hezbollah. En 2006, une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU a instauré la création d'une zone tampon, afin de limiter les hostilités et de garantir un retrait des forces israéliennes et du Hezbollah. Toutefois, cette paix fragile a été régulièrement compromise, Israël accusant le Hezbollah de se réarmer.
D’après des sources médicales libanaises, le conflit actuel a causé la mort de 1 238 personnes, dont 124 enfants, depuis son déclenchement. Ces chiffres frappent un coup dur pour le Liban déjà marqué par des crises économiques et humanitaires.







