Quarante nouvelles espèces migratrices, dont la célèbre chouette d'Harry Potter, bénéficient désormais d'une protection internationale, suite à un accord signé par plus de 130 pays lors de la 15e réunion de la Convention sur la conservation des espèces migratrices (CMS), qui s'est tenue à Campo Grande, au Brésil.
La chouette, également connue sous le nom de harfang des neiges (Bubo scandiacus), a vu sa population mondiale chuter d'un tiers au cours des 30 dernières années, selon la CMS. Ce déclin alarmant met en lumière la fragilité de cette espèce emblématique, qui est souvent perçue comme un symbole de la magie et de l'aventure.
Changement climatique et exploitation excessive
Les menaces qui pèsent sur ces espèces sont multiples. Selon la CMS, les facteurs principaux incluent le changement climatique et l'exploitation excessive. Dans un communiqué, l'organisation souligne la vulnérabilité croissante de ce type d'espèce, même celles qui sont célèbres et adorées.
Un rapport publié avant la COP15 a révélé que près de 49 % des espèces suivies par la CMS montrent une diminution de leur population, tandis qu'environ un quart est menacé d'extinction.
Parmi les autres espèces nouvellement protégées, la barge hudsonienne (Limosa haemastica), un oiseau migrateur parcourant jusqu'à 30 000 km chaque année entre l'Arctique et la Patagonie, attire particulièrement l'attention sur l'importance des efforts de conservation.
Un engagement renouvelé pour la biodiversité
D'autres animaux emblématiques, tels que le grand requin-marteau (Sphyrna mokarran) et la loutre géante du Brésil (Pteronura brasiliensis), ont également été inclus dans cette liste. Ce dernier spécimen, vivant dans le Pantanal brésilien, un des écosystèmes les plus biodiversifiés de la planète, est au cœur des préoccupations environnementales.
La Convention impose des responsabilités légales aux pays signataires pour protéger les espèces menacées, restaurer leurs habitats, et minimiser les obstacles à leur migration, créant ainsi un cadre d'action international crucial.
Des avancées marquantes
« Ce fut un moment significatif pour le milieu environnemental, tant pour l'adoption de nouvelles espèces protégées que pour la mise en œuvre de mesures concertées », a déclaré Joao Paulo Capobianco, président de la COP15, à l'agence de presse AFP. Il met également en lumière les défis que représente la dégradation des habitats et les impacts du changement climatique sur les cycles de migration des espèces.
« Certaines espèces adaptent leurs migrations en fonction des variations saisonnières. Cela peut entraîner des pertes importantes si les ressources alimentaires ne coïncident pas avec leur période de migration habituelle », a-t-il ajouté.
La nature sans frontières
Un rapport de l'ONU a récemment mis en évidence la crise des migrations des poissons d'eau douce, exacerbée par la dégradation des habitats, la surpêche et les infrastructures comme les barrages. Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a souligné l'importance de ces interconnexions en affirmant : « Protéger ces animaux, c’est protéger la vie de la planète ». La prochaine COP se tiendra en 2029 en Allemagne, marquant le cinquantenaire de la convention originale, signée à Bonn en 1979.







