Une bizarrerie culinaire. - Le serpent est un plat courant en Asie, et savourer un cœur de cobra n'est pas inhabituel en Chine, au Vietnam ou en Indonésie. Une seule règle s'applique : il doit battre encore.
La préoccupation pour la souffrance animale semble encore peu débattue en Asie. Dans plusieurs pays, déguster des cœurs de cobra est autant un spectacle culinaire qu'une tradition bien ancrée. Face aux convives, le cuisinier retire le cœur du serpent avant de le servir sur une assiette, encore pulsant. Le blogueur voyageur Valentin Van Nhut, plus connu sous le nom de Super Vagabond, a fait l'expérience de cette tradition au Vietnam.
Détails de la dégustation
La première étape consiste à choisir le serpent qui finira dans l'assiette. "Un employé présente plusieurs serpents pour que le client choisisse son plat", raconte Valentin. La mort du serpent est une opération délicate… "L’employé le saisit par la queue et lui assène un coup, un peu comme si on lançait une corde à sauter au sol." Suit l'égorgement au couteau où le sang est recueilli dans une fiole d'alcool local à boire d'un trait. "C'était terrible", se souvient Super Vagabond. Ensuite, le cœur est avalé. "Je l'ai mâché rapidement, accompagné d'un shot de vodka. Cela ressemblait à de la viande crue, mais le goût n'était pas très agréable."
Variétés de consommation
Au-delà du cobra, le serpent se décline de mille manières en Asie. Une fois dépouillé, il peut être préparé en soupe, en filets ou en chips. "La chair a un goût semblable à celui du poulet, mais cela reste intriguant", partage Valentin. Toutefois, ces reptiles venimeux sont surtout prisés pour leurs boissons. Les carcasses sont macérées dans des alcools pour dissoudre le venin, permettant une consommation sécurisée.
Symbolique et vertus
Pourquoi consommer du serpent ? Ce reptile possède une forte charge symbolique en Asie : il serait une source de puissance, offrant force et énergie. De surcroît, dans certaines croyances, le cœur de cobra est réputé avoir des effets aphrodisiaques et des propriétés médicinales. Les vertus antirides du venin de serpent sont reconnues, et plusieurs entreprises, comme Smartox Biotechnology près de Grenoble, étudient les potentiels traitements médicaux à partir de ces venins. À faible dose, ils pourraient aider à lutter contre diverses pathologies comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires.
Principalement consommé en Asie et en Afrique, le serpent peut aussi être trouvé aux États-Unis, coûtant environ quarante dollars le kilo. En France, la vente de chair de serpent est interdite, rendant son acquisition illégale, bien que certains sites la proposent.







