Vous avez sans doute déjà entendu cette rumeur intrigante : en dégustant une figue, risquons-nous de croquer une guêpe morte dissimulée à l’intérieur ? Une affirmation qui suscite curiosité et méfiance envers ce fruit pourtant apprécié pour sa douceur. Faut-il s’inquiéter avant d’en savourer une bouchée ? La réponse mérite une attention particulière.
Une relation unique entre figue et guêpe : la pollinisation par les insectes
Pour comprendre cette rumeur, il est crucial de réaliser que la figue est un fruit atypique. Classée comme un sycone, elle représente une fleur inversée qui abrite des centaines de petites fleurs. Pour que ces fleurs puissent être fertilisées, elles dépendent d’un pollinisateur très particulier : la guêpe du figuier (Blastophaga psenes pour les figuiers comestibles). Cette guêpe, minuscule, pénètre à l’intérieur de la figue pour y pondre des œufs tout en transportant le pollen nécessaire à la fécondation des fleurs.
Une fin tragique pour la guêpe… mais pas toujours
Lorsque la guêpe se glisse dans la figue, elle risque souvent d’y laisser sa vie. Cela résulte de la morphologie de la figue et de la guêpe : en tentant de sortir par l’entrée étroite (l’ostiole), ses ailes et antennes peuvent être endommagées, la rendant incapable de s’échapper. Toutefois, il est important de noter que ce phénomène n’est pas systématique. De nombreuses variétés de figuiers produisent des fruits sans nécessiter de pollinisation, comme les figues parthénocarpiques, que l’on retrouve souvent dans le commerce.
Que devient la guêpe morte à l’intérieur du fruit ?
Pour les figues dépendantes des guêpes pour la pollinisation, une guêpe peut effectivement mourir à l’intérieur du fruit. Mais qu’en est-il réellement de cette guêpe ? La figue contient une enzyme, la ficine, qui est capable de dissoudre complètement l’insecte. Cela signifie que la guêpe se décompose en acides aminés, absorbés par le fruit. En somme, il ne reste aucune trace identifiable de la guêpe : ni chitine, ni ailes, ni pattes. Vous ne croquez donc jamais un cadavre d’insecte, même en miniature.
Les figues que nous consommons
Rassurez-vous : les figues disponibles en supermarché sont quasiment exemptes de guêpes. Celles-ci proviennent principalement de variétés autopollinisantes ou cultivées sans guêpe, notamment en Californie, Turquie ou Espagne. Les producteurs choisissent ces variétés précisément pour éviter les désagréments liés à la présence d'insectes. De plus, les figues séchées, consommées hors saison, proviennent également de variétés sans dépendance à la pollinisation par les guêpes.
Un cycle fascinant mais invisible pour le consommateur
Ce lien entre la guêpe et la figue représente un exemple exceptionnel de symbiose mutualiste : la guêpe assure la reproduction du figuier, tandis que le figuier Sert d’abri pour sa descendance. Bien que ce partenariat soit ancien, l’évolution des techniques agricoles a largement réduit sa présence dans notre alimentation quotidienne. Il est donc peu probable que vous rencontriez une guêpe dans la figue que vous dégustez.
Faut-il craindre de manger une guêpe en consommant une figue ?
La réponse est clairement non. Même si certaines figues issues de méthodes anciennes peuvent abriter une guêpe, celle-ci est intégralement digérée par le fruit. Il n’y a donc ni danger ni aspect dégoûtant visible, ni risque de croquer dans une "bête morte". Les figues du commerce, pour leur part, sont presque toutes exemptes de guêpes. N’hésitez donc plus à déguster ce fruit riche en fibres et en antioxydants… sans aucune inquiétude.







