La Monnaie de Paris offre carte blanche à des illustrateurs de renom (Blutch, Anouk Ricard, Florence Cestac, etc.) pour explorer les représentations de l'argent dans la bande dessinée, des chercheurs d'or aux milliardaires avares en passant par les marginaux en difficulté.
Cette exposition, inaugurée vendredi, propose à ces artistes de visualiser la relation complexe à l'argent à travers huit archétypes distincts : milliardaires, faussaires, joueurs, alchimistes, etc. Dans le salon d'honneur de la Monnaie de Paris, huit imposants panneaux en toile illustrent ces thèmes majeurs.
Nicolas de Crécy y représente un Superman inquiétant sous les traits d'Elon Musk, Catherine Meurisse transforme le menhir d'Obélix en une roche ornée de cristaux, et Ugo Bienvenu, réalisateur de "Arco", présente une chercheuse d'or moderne, entourée de coordonnées GPS.
L'argent selon la bande dessinée
Suivant les thèmes des grands archétypes, l'exposition exhibe aussi de nombreuses planches originales où l'argent est omniprésent : le Picsou avide de dollars de Don Rosa, le Gaston Lagaffe de Franquin luttant contre les parcmètres, ou le Corto Maltese d'Hugo Pratt en quête de trésors.
D'autres œuvres enrichissent l'exposition, comme un immense "Fricopoly" imaginé par la dessinatrice Coco, qui détourne les règles du Monopoly, ainsi qu'un robot maladroit d'Ugo Bienvenu, intrigué par des pièces de monnaie éparpillées au sol. Le titre de cette œuvre : "Les robots rêvent-ils de cryptomonnaies?".
"L'argent n'a jamais été tabou dans la BD", indique Damien MacDonald, co-commissaire de l'exposition avec Lucas Hureau. "Les auteurs, souvent marginaux et autodidactes, ont toujours eu moins de pudeur à évoquer l'argent et la précarité".
The association of comic strips and money takes on a unique meaning today, given the increasing precarity faced by creators, as highlighted in a report from the États généraux de la BD. "Il y a une ironie à présenter la richesse esthétique de la BD aux côtés de la paupérisation des artistes", souligne Damien MacDonald, qui voit dans cette exposition "un appel à la réflexion et une meilleure compréhension du droit d'auteur".







