La récolte des pomelos en Corse a débuté il y a trois semaines, mais fait face à une chute alarmante de 20 % par rapport à l'année précédente, en grande partie à cause de tempêtes hivernales dévastatrices. Ce fruit, bien qu'étant le troisième agrume le plus cultivé sur l'île, est éclipsé par la clémentine, star incontestée de l'agrumiculture corse. Les producteurs doivent aussi composer avec la concurrence des filières étrangères qui mettent à l'épreuve la pérennité de cette culture.
Un fruit au potentiel, mais aux défis nombreux
Flavio Finidori, cultivateur de pomelos, explique les difficultés rencontrées par sa filière. Bien que le pomelo bénéficie d'une Indication Géographique Protégée (IGP) depuis 2014, jalon qui lui permet de se distinguer sur le marché, la lutte est rude. "L'IGP est cruciale pour notre survie. Elle impose des règles strictes sur la récolte : les fruits doivent être cueillis à la main, à maturité, et sans traitements post-récolte, garantissant ainsi une qualité reconnue par les consommateurs," souligne Finidori.
Le fruit, malgré sa renommée, se heurte à de nombreux défis, incluant la fragilité due aux insectes et aux aléas climatiques. Environ 20 % de la production se retrouve dans les champs, invendu, car jugé imparfait par les consommateurs. Pour compenser ces pertes, Finidori diversifie sa production avec d'autres agrumes et avocats. "Il y a des années meilleures et d'autres moins bonnes. En diversifiant, on réduit le risque économique, car deux mauvaises années consécutives peuvent mener à la faillite," affirme-t-il.
Un avenir incertain mais prometteur
Pour cette année, environ 4500 tonnes de pomelos sont prévues à la vente, principalement destinées aux grandes surfaces sur le continent. Julien Biancardini, chef de station, précise : "Nous sommes concentrés majoritairement sur le marché continental. Les pomelos sont expédiés depuis notre dépôt à Saint-Andiol vers toute la France."
Rappelons que la Corse reste la troisième productrice française de pomelos, derrière la Guadeloupe et la Guyane. Avec un prix allant de 4 à 5 euros le kilo pour les pomelos IGP, la mise en avant de leur provenance garantit l’authenticité et la qualité de ce fruit sur le marché.
Ursula Biancardini, responsable administrative, ajoute : "La transparence sur l'origine des produits est essentielle. Elle assure aux consommateurs et aux distributeurs qu'ils achètent un produit de qualité."







