Maros Sefcovic, le commissaire européen chargé du Commerce, doit se rendre à Paris cette semaine pour discuter avec Jamieson Greer, émissaire de Washington, alors que de nouvelles menaces de surtaxes sur les véhicules européens planent. Cette rencontre s'inscrit dans le cadre d'une réunion ministérielle du G7, prévue le 5 mai.
Récemment, Donald Trump a exprimé son mécontentement, accusant l'Union Européenne de ne pas respecter les accords signés lors de discussions l'été dernier. Comme rapporté par BFM TV, les États-Unis envisagent des surtaxes sur les automobiles et camions importés, ce qui susciterait de vives inquiétudes au sein de l'UE.
Jamieson Greer a récemment déclaré sur CNBC que l'UE était censée supprimer ses droits de douanes sur les produits industriels américains, mais qu'elle n'avait, selon lui, pas respecté cet engagement jusqu'à présent. « Leur lenteur a été notable », a-t-il ajouté.
Greer a précisé : "Les Européens n'appliquent pas l'accord, alors pourquoi devrions-nous le faire ?"
La Commission européenne, de son côté, défend sa position. Thomas Regnier, porte-parole de la Commission, a affirmé que l'UE demeurait engagée dans l'application de l'accord commercial, tout en assurant que la procédure interne d'approbation des États membres était en cours.
L'Allemagne privilégie l'apaisement
Alors que l'UE envisage toutes les options face aux menaces américaines, certains États membres, notamment l'Allemagne, appellent à une approche collaborative. Le chancelier allemand Friedrich Merz a exprimé son espoir de parvenir à un accord rapidement, étant donné que son pays pourrait être particulièrement touché par une augmentation des droits de douane.
« Les États-Unis ont finalisé l'accord, mais pas les Européens. »
Des estimations de l’Institut de Kiel évoquent des pertes de production pouvant atteindre 15 milliards d'euros en Allemagne, avec des répercussions beaucoup plus vastes à long terme. Pour l'eurodéputé Manfred Weber, un consensus rapide serait crucial pour obtenir l'approbation du Parlement européen.
Cependant, Ignacio García Bercero, spécialiste des négociations commerciales à Bruegel, avertit que l'UE doit avancer prudemment : « L'accord peut nécessiter du temps pour être finalisé. Il ne faut pas céder à la pression.»







