Le 4 mai 2023, une page se tourne à la tête de l'Exécutif de Corse. Gilles Giovannangeli, ancien membre du FLNC et candidat de la majorité territoriale, a été élu avec une large majorité lors d'une session extraordinaire de l'Assemblée de Corse, récoltant 34 voix sur 49 exprimées, face au candidat de droite, Jean-Martin Mondoloni, qui n'a obtenu que 15 voix.
Un parcours marqué par l'engagement social
A 61 ans, Gilles Giovannangeli se présente comme un homme de dossiers, connu pour son implication dans l'entrepreneuriat social et l'aide à la création d'entreprises à travers la BGE (Boutique de gestion). Natif de Lecci, près de Porto Vecchio, il est également le frère de Marie-France Giovannangeli, une figure emblématique du mouvement syndical, disparue récemment et cofondatrice du STC (Syndicat des Travailleurs Corses) dans les années 80.
Un passé complexe
Le parcours de Giovannangeli n'est pas sans rebondissement. Condamné à 19 ans pour des actes politiques, il a purgé 27 mois de détention, dont une partie dans la tristement célèbre prison des Baumettes. Malgré cette jeunesse tumultueuse, il fait ensuite son chemin dans la politique locale, devenant maire de Lecci en 2001 jusqu'en 2014, avant de rejoindre l'Exécutif de Corse en 2021, d'abord comme président de l'Office hydraulique puis comme président de l'Agence de Développement économique de la Corse.
Ce nouveau mandat est perçu comme un tournant symbolique. Selon des sources locales et politiques, cette élection pourrait ouvrir la voie à de nouvelles initiatives économiques et sociales sur l'île. Des experts en sociologie politique estiment que l'ascension de Giovannangeli à la présidence pourrait également favoriser un climat de dialogue sur les questions identitaires en Corse, un sujet toujours brûlant.
Alors que la Corse traverse des moments de tensions politiques, l'élection de Gilles Giovannangeli pourrait-elle marquer le début d'une ère nouvelle?







