La Confédération syndicale internationale (CSI) a tiré la sonnette d'alarme concernant la situation des droits des travailleurs dans sa treizième édition de l'indice des droits, publiée ce 1er juin. L'organisation évoque un dangereux phénomène d'érosion des valeurs démocratiques, qualifié de "coup d'État des milliardaires contre la démocratie", touchant des pays comme la France.
Bien qu'Emmanuel Macron mette en avant sa politique économique dans des événements prestigieux tels que le sommet Choose France à Versailles, la situation du monde travail est tout sauf brillante. Comme le souligne la CSI, "des pays jadis considérés comme stables“, telle la France, participent désormais à une accentuation des violations des droits des travailleurs. "L'érosion des principes démocratiques est alarmante", déclare-t-elle.
Les chiffres, eux, sont inquiétants : une augmentation de cinq points des violations de la liberté d'expression et de réunion, une hausse de six points des attaques violentes envers les travailleurs et une augmentation notable des arrestations de leurs représentants. Les nouvelles technologies jouent un rôle dans cette répression grandissante, facilitant la surveillance des travailleurs.
Un "coup d'État des milliardaires contre la démocratie"
Le rapport met en lumière l'impact croissant de l'extrême droite sur la liberté syndicale et sur les droits des travailleurs, notant un "recul alarmant" en Europe et en Amérique, où les pays enregistrent leurs pires performances depuis 2014. Trois tendances structurelles sont mises en avant :
- Des dirigeants syndicaux, "ciblés" par des arrestations et violences.
- Une surveillance accrue permettant de "museler" les travailleurs.
- Une érosion du dialogue entre les gouvernements et les syndicats lors de l'application de nouvelles législations.
La France, selon la CSI, présente son "plus mauvais classement" en matière de droits des travailleurs, illustrant une répression croissante des mouvements sociaux. Cette situation est dénoncée par la CGT, qui a signalé un millier de ses membres victimes de répression.
Des pays comme les États-Unis, sous l'administration Trump, figurent également sur la liste des "pays à surveiller" pour leurs violations des droits syndicaux. Luc Triangle, secrétaire général de la CSI, insiste sur le fait que cette crise des droits est désormais centrale dans les démocraties, appelant à une solidarité indispensable pour redresser la situation.
"Ce n'est qu'à travers la solidarité que les travailleurs pourront s'opposer à ce coup d'État contre la démocratie et assurer un avenir équitable pour tous", conclut la CSI.







