Guillaume Sanjorge, auteur et réalisateur, n'a jamais douté de l'avenir radieux des micro-dramas, aussi connus sous les noms de duanju ou mini-fictions. "J’ai acquis tous les noms de domaine associés", confie-t-il. Son aventure débute en 2023 avec des séries verticales diffusées sur Facebook, bien avant que le format ne connaisse un véritable engouement.
Le succès est retentissant. Les épisodes rencontrent rapidement une large audience, atteignant plus de 400.000 vues. "C'était surprenant d'observer un tel engouement sur ma page personnelle, qui n'était pas optimisée pour les larges diffusions. C'est alors que j'ai réalisé le potentiel de ces formats en Chine", ajoute-t-il.
S'exporter à l’autre bout du monde
Ces dernières années, la popularité des micro-dramas a explosé, notamment en Chine où des géants tels que Tencent et ByteDance investissent massivement. Ces séries, conçoivent des fictions ultra-courtes et s'appuient sur une économie de scroll adaptée aux nouvelles habitudes de visionnage. Selon un rapport de Media Partners Asia, en 2025, plus de 800 millions de Chinois regardaient ces contenus, dont 500 millions étaient des abonnés payants.
Ce phénomène commence également à faire des vagues en Occident. Aux États-Unis, des applications comme ReelShort ou DramaBox se démarquent dans le classement des divertissements, atteignant des millions de téléchargements et démontrant l'appétit du marché.
Un modèle économique en plein essor
En France, la situation est légèrement différente, mais l'intérêt est tout aussi tangible. Plusieurs applications de micro-dramas se hissent désormais parmi les plus téléchargées sur l’App Store. Emmanuel Berne, consultant chez Heaven, souligne : "DramaBox est l'application générant le plus de revenus en France, témoignant de l'engouement du marché pour ces formats".
Guillaume Sanjorge s’est donc attelé à prouver la viabilité du format avec une projection de ses œuvres, bien qu'il n'ait attiré qu’une audience limitée. "Il n'y avait que des amis et des membres de ma famille", rit-il en repensant à cet événement.
Status quo ou pas, Sanjorge n’abandonne pas. Il a réussi à nouer des contacts avec Stardust TV, une plateforme chinoise spécialisée dans les micro-dramas et espère voir le fruit de ses efforts dans les jours à venir. "Il est essentiel de passer de la création à la diffusion", conclut-il.
TikTok et Disney sur le front
Face à cette montée en puissance des micro-dramas, plusieurs acteurs du secteur audiovisuel tentent de s'adapter, en conséquence, des initiatives comme StoryTV émergent, offrant une plateforme dédiée. TikTok, désireux de capitaliser sur ce marché, a récemment lancé une application nommée "PineDrama" afin de produire plusieurs mini-séries.
De son côté, NBCUniversal souhaite captiver un public plus jeune en introduisant des micro-dramas non scénarisés sur sa plateforme Peacock, tandis que Netflix et Disney+ ont lancé des services intégrant des vidéos verticales pour renforcer leur offre mobile.
Conclusion : vers une nouvelle ère de création
Les professionnels se montrent optimistes quant à l'avenir des micro-dramas en France. Alors que le marché hexagonal peine à s'imposer face à ses concurrents, tout indique que la carte à jouer est sur la table. Les experts estiment qu'une percée, telle que "l’Emily in Paris" des micro-dramas, pourrait émerger et marquer le début d'une ère de créations innovantes.
En effet, l'essor des micro-dramas pourrait bien transformer le paysage audiovisuel européen tout en ouvrant la voie à de nouvelles dynamiques créatives adaptées aux attentes des publics modernes.







