Le 68ème sommet des dirigeants du Mercosur a souligné, ce mardi au Paraguay, les divergences entre les membres concernant l'exécution de l'accord commercial signé avec l'UE. Le président paraguayen, Santiago Peña, a ouvert la réunion par une critique ferme des "asymétries" présentes au sein du Mercosur.
Selon lui, "le terrain n'est pas égal pour tout le monde ; nous n'avons pas le même accès aux marchés, aux industries ou à la logistique". En évoquant ces divergences, Santiago Peña a exigé des "résultats concrets" pour corriger ces déséquilibres, qu'il considère comme "amer", dans l'accord signé avec l'UE en janvier, qui reste en attente de ratification.
"À quoi bon négocier avec l'Europe si l'accès à de nouveaux marchés ne sert pas à développer ceux qui ne le sont pas encore ?" a déclaré Santiago Peña en référence aux exportations vers l'UE.
Le président a souligné que "c'est une question de justice". Il a en effet exprimé son inquiétude quant à un Mercosur qui pourrait permettre au plus fort de dominer le plus faible. "Un Mercosur sans justice ne peut être un bloc solidaire", a-t-il averti. L'UE propose des contingentements d'importation avec des avantages douaniers, que le Mercosur se divise entre ses membres. "Si nous voulons être crédibles à l'extérieur, nous devons d'abord être justes à l'intérieur", a-t-il ajouté.
Les autres chefs d'État présents incluent Luiz Inácio Lula da Silva du Brésil, Rodrigo Paz de Bolivie, et Yamandú Orsi de l'Uruguay, ainsi que les dirigeants de pays associés tels que José Antonio Kast du Chili et Daniel Noboa de l'Équateur. L'Argentino Javier Milei, initialement prévu, s'est désisté à cause des tumultes politiques dans son pays.
Les leaders ont convenu d'initier des négociations pour établir un accord de libre-échange avec le Japon et ont également discuté de divers détails techniques issus de l'accord avec l'UE, qui a débuté en mai.
Solidarité avec le Venezuela
Le président brésilien Lula a demandé une minute de silence en solidarité avec le Venezuela, touché par des séismes dévastateurs. "Face à ces tragédies, il est essentiel de réfléchir sur l'importance de la solidarité et de la coopération régionale", a-t-il souligné.
Le président uruguayen a annoncé que les autorités de gestion des risques des pays du Mercosur ont convenu d'une réunion pour planifier l'aide au Venezuela, sans donner plus de détails. D'un autre côté, José Antonio Kast a évoqué le "deuxième séisme", faisant référence à la criminalité organisée, qu'il estime plus insidieuse et dévastatrice.
Le Mercosur a également réaffirmé son soutien au gouvernement de Rodrigo Paz, en Bolivie, après des semaines de contestation appelant à sa démission. Santiago Peña a été ferme dans son rejet des tentatives de déstabiliser ce qui, selon lui, est une république sœur, légitimement élue lors des dernières élections.







