Bien que ce chiffre demeure loin des 10 000 satellites de Starlink, Amazon se réjouit de ses récentes avancées. Dans la nuit du 1er au 2 juillet 2026, un lanceur Atlas V a mis en orbite 29 nouveaux satellites de la constellation Amazon Leo, anciennement connu sous le nom de Project Kuiper. Ce déploiement porte le total à 396 satellites orbitant à environ 630 km d'altitude.
Dans un communiqué, Amazon affirme être désormais prête à offrir des services aux clients. « Les derniers lancements ont été cruciaux pour Amazon Leo, nous permettant de dépasser les 390 satellites déployés, suffisants pour un service continu dans certains secteurs », a commenté Chris Webber, responsable des affaires chez Amazon Leo. « Nous avons maintenant réalisé suffisamment de lancements pour commencer nos services cette année, et les missions futures renforceront notre couverture. »
Encore du travail, mais un lancement espéré cette année
Malgré le chemin restant à parcourir, Amazon se prépare à lancer son service. Initialement, Amazon Leo ne sera sans doute accessible que dans certaines zones, probablement aux États-Unis. La société de Seattle a signé de multiples accords pour couvrir rapidement de vastes zones du globe. Les lancements se feront également depuis le Centre spatial de Kourou en Guyane, où Ariane 6 a révélé ses compétences. Ce lanceur peut contenir jusqu'à 32 satellites par mission. À l'avenir, le Vulcan, conçu pour remplacer l’Atlas, aura une capacité encore plus grande, et pourrait lancer jusqu'à 48 modules.
Amazon a clairement exprimé son objectif de débuter son service internet d'ici mi-2026. Cette constellation à faible latence envisage des débits atteignant jusqu'à 1 Gbit/s, en fonction du modèle d'antenne utilisé. « Notre orbitale basse réduit la latence à environ 30-50 millisecondes, idéale pour des applications nécessitant une interactivité comme les jeux ou la visioconférence », selon Martijn Rogier van Delden, responsable de la stratégie commerciale d’Amazon Leo en Europe.
Cependant, le choix de l’orbite basse a ses inconvénients, car un satellite en orbite basse ne peut couvrir qu'une zone limitée de la Terre, contrairement à un satellite géostationnaire. Sa vitesse élevée (environ 25 000 km/h) exige des constellations denses pour assurer une couverture continue. Amazon a obtenu les autorisations nécessaires pour l’envoi de 4 500 satellites supplémentaires, afin de rattraper Starlink.
Encore du retard sur Starlink
Le développement de partenaires de lancement, dont SpaceX et Blue Origin, est une stratégie pour garantir une mise en service rapide. Amazon a également établi des partenariats stratégiques avec des compagnies aériennes comme Delta et JetBlue, de même qu'avec des opérateurs tels qu’AT&T ou Vodafone. Notons également la récente acquisition par Amazon de Globalstar, un fournisseur de services satellite, ce qui pourrait renforcer la position d’Amazon Leo.
Starlink avait déjà initié sa phase bêta en 2020 avec environ 900 satellites, un chiffre bien supérieur aux 396 d'Amazon Leo. Cependant, les premiers retours sur la connexion étaient mitigés. Aujourd’hui, avec plus de 10 000 satellites en service, Starlink offre des débits allant jusqu’à 200 Mbit/s avec une latence de 25 ms, ce qui lui confère un net avantage concurrentiel face à Amazon, qui tente de s'établir sur ce marché.
Cette progression illustre la compétitivité croissante dans le secteur des communications satellitaires, où Eutelsat essaie de se faire une place. Si ses satellites sont placés à plus de 36 000 kilomètres, assurant une couverture étendue, la qualité du service peut en pâtir. La bataille pour le haut débit par satellite ne fait que commencer.







