Dans le cadre de la transition vers une électrification décarbonée, une collaboration avec la Chine s'avère essentielle. C'est en substance le message délivré par les PDG d'EDF et de TotalEnergies lors d'une conférence le 4 juillet dernier.
Bernard Fontana, à la tête d'EDF, a partagé ses impressions suite à un récent voyage en Chine, où il a observé le développement rapide de la filière nucléaire. Il a évoqué un « partenariat ancien » avec les sociétés chinoises, espérant renforcer ces liens. « Ils sont capables de réaliser en deux semaines ce qui pourrait prendre deux ans en France », a-t-il noté, mettant en lumière l'efficacité de l'industrie nucléaire chinoise.
"L'aide qu'ils offrent est méthodologique et ils le font avec plaisir, renforçant notre indépendance tout en répondant à nos besoins".
Patrick Pouyanné, directeur général de TotalEnergies, a également fait écho aux remarques de Fontana, soulignant la capacité d'exécution des Chinois. « Ils construisent des usines en un temps record, illustrant une différence notable de réglementation entre nos deux pays », a-t-il précisé.
Collaborer, oui... Mais "à nos conditions"
« Comprendre comment ils construisent un réacteur par mois est fascinant. En Chine, tout est fluide, la zone industrielle est rapidement opérationnelle », a-t-il constaté. La volonté de travailler avec la Chine ne signifie pas accepter toutes leurs conditions.
"Nous devons fixer des conditions claires pour ces partenariats. Sinon, nous risquons de laisser la porte ouverte à une dépendance", a-t-il averti.
Il a proposé d'établir des co-entreprises avec une répartition de capital 51%-49%, conforme aux pratiques chinoises pour les entreprises étrangères. Ces manières de collaborer pourraient ainsi assurer un partage technologique équitable.
Pouyanné a conclu en affirmant qu'il est impératif que l'Europe se mette en avant et ne reste pas à la traîne dans cette course à l'électrification, sans quoi elle risquerait d'être en retard par rapport à des pays comme la Chine.







