L'interdiction totale des smartphones adoptée à la rentrée de septembre 2025 dans les écoles de l'État de New York, aussi connue sous le nom de mesure "bell-to-bell", a suscité une série d'effets inattendus. Si, d'un côté, cette décision, soutenue par la gouverneure Kathy Hochul, vise à réduire les distractions en classe, elle a également mis en lumière un problème inquiétant : de nombreux élèves ne savent plus lire l'heure sur une horloge traditionnelle.
Ce mouvement ne se limite pas à New York. En effet, d'autres États américains, tout comme des pays comme la France et la Chine, font face à cette même problématique. Alors que le plus grand district scolaire du pays, avec près d'un million d'élèves, s'engage dans cette tendance, les premières observations sont révélatrices.
Des enseignants ont noté que, depuis la mise en place de cette interdiction, les élèves semblent plus attentifs en classe et interagissent davantage lors des pauses. Globalement, l'atmosphère dans les établissements s'est améliorée : moins d'agitation dans les couloirs et une meilleure ponctualité aux cours. Toutefois, la découverte que de nombreux adolescents peinent à déchiffrer l'heure sur une horloge analogique soulève des questions alarmantes sur les conséquences de notre dépendance aux technologies numériques.
La directrice adjointe Tiana Millen d'un lycée du Queens a souligné ce phénomène en déclarant que lire l'heure est devenu « une compétence essentielle à laquelle ils ne sont absolument pas habitués ». De son côté, Madi Mornhinweg, professeure d’anglais dans un lycée de Manhattan, ajoute : "On nous demande sans cesse : Madame, quelle heure est-il ?" Elle avoue que cette situation est devenue source de frustration, amenant même certains enseignants à réapprendre aux élèves à identifier les aiguilles sur une horloge.
Les experts s'interrogent sur les effets de cette dépendance accrue au numérique sur des compétences fondamentales. Selon des études, la simple présence d'un smartphone peut considérablement nuire à la concentration des élèves, rendant difficile leur capacité à se focaliser sur les activités scolaires. Une étude par le Pew Research Center révèle que près de 75 % des professeurs perçoivent les téléphones comme une source majeure de distraction. Ce constat est corroboré par une étude de l’UNESCO soulignant le besoin urgent de réévaluer l'usage des smartphones à des fins éducatives.
Alors que cette interdiction à New York pourrait influencer d'autres régions, la question reste de savoir si cette initiative parviendra à rétablir des compétences essentielles chez les jeunes élèves, ou si nous continuerons à observer des lacunes croissantes liées à l'utilisation excessive de la technologie.







