Cette année, le Salon International de l'Agriculture, prévu à Paris, ne présentera aucun bovin, une situation historique marquée par l'absence de Biguine, la célèbre vache brahmane martiniquaise. Venante directement de Martinique, Biguine était attendue avec impatience en tant qu'égérie de l'événement, mais la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse a contraint les organisateurs à respecter cette décision sanitaire.
André Prosper, l'éleveur de Biguine, ressent une déception immense. Il a exprimé aux médias, dont Le Parisien, sa tristesse face à une situation qu'il avait redoutée. "C'était une opportunité unique pour elle de briller", a-t-il déclaré. Biguine, qui s'était bien acclimatée, était impatiente de se présenter au public. "Elle n'attendait qu'une chose, être là au Salon", a réaffirmé André.
Les conséquences de cette décision touchent non seulement l'éleveur et sa vache, mais l'ensemble de la filière bovine antillaise. Sandrine Hayot, présidente de l'Union des Éleveurs de Bovins Brahman (UEBB), a partagé son désarroi. Elle a souligné l'impact de cette absence sur les jeunes étudiants en agronomie qui voyaient dans cet événement une opportunité pour mettre en lumière leur savoir-faire.
Malgré cette déception, André Prosper maintient un soutien indéfectible à ses collègues touchés par la crise sanitaire. La dermatose nodulaire contagieuse n’a, heureusement, pas été signalée dans les Antilles, mais la vigilance est de mise.
Concernant l'avenir de Biguine, l'éleveur a précisé qu'elle ne retournerait pas en Martinique en raison des coûts exorbitants du transport. Biguine sera bientôt mise à la reproduction, avec l'espoir de participer à l'édition suivante du Salon de l'agriculture, prévue du 21 février au 1er mars 2026. D'autres vaches martiniquaises, elles aussi prêtes pour cette rencontre, resteront en métropole pour soutenir Biguine, une situation qui, selon André, témoigne des liens profonds entre les traditions agricoles des Antilles et le salon.
Le président du Salon, Jérôme Despey, a fait savoir que, bien qu'il n'y ait pas de bovins ni de volailles cette année, d'autres espèces telles que des ovins, des caprins et des porcins seront présentes. "Cette édition reste essentielle pour célébrer la richesse de l'agriculture française", a-t-il assuré.







