À un moment décisif de son histoire, l'Iran est confronté à des choix cruciaux concernant son avenir politique. La contestation, qui s'enracine de manière durable, soulève des questions sur le régime qui pourrait succéder à la République islamique. Alors que certains placent leur espoir dans Reza Pahlavi, fils de l'ancien Shah, d'autres envisagent un changement plus radical. Le sentiment général, attisé par des personnalités telles que Donald Trump, est que l’heure pourrait bientôt sonner pour le Guide suprême, Ali Khamenei.
Selon Amélie Chelly, chercheuse spécialiste des islams politiques, Reza Pahlavi bénéficie d'une base de soutien grandissante, appuyée par une communication efficace et des relais puissants dans la diaspora. Il est incroyable de constater à quel point l'option autrefois raillée est désormais perçue comme plausible par une partie importante de la population. Chelly souligne que les manifestations des dernières années ont révélé un engouement renouvelé pour l'idée Pahlavi, qui trouve des racines dans une nostalgie pour un passé moins répressif.
Cela étant dit, quand on se penche sur d'autres alternatives, le paysage est relativement vide. Les Moudjahidines du Peuple, par exemple, sont largement considérés comme des traîtres en Iran, ayant collaboré avec Saddam Hussein durant la guerre Iran-Irak. La méfiance envers eux les disqualifie en tant qu'option viable pour l'avenir politique de la nation.
Une autre question se pose : existe-t-il un désir généralisé pour un régime laïque ou modéré ? Bien que les habitants des villes expriment un souhait pour une séparation de la religion et de l'État, les ruraux semblent craindre que la politique actuelle ait dévoyé la vraie essence de leur foi. Plutôt que de vouloir abolir la religion, ils aspirent à une purification spirituelle, loin des dérives dictées par le régime actuel.
Dans ce contexte, l’intervention étrangère, notamment celle des États-Unis, est accueillie avec un mélange de scepticisme et d’angoisse. Les souvenirs d'ingérences passées engendrent une méfiance profonde, la population préférant un changement interne à une quelconque manipulation extérieure.
Enfin, les mouvements régionalistes et les minorités, y compris les Kurdes et les Azéris, pourraient sembler être des acteurs potentiels dans cette transformation, mais ils ne parviennent pas à obtenir une légitimité large au sein d'une population profondément nationaliste et unie par l'intégrité territoriale.
Ainsi, Reza Pahlavi incarne, en quelque sorte, l'unique visage identifiable de l'opposition iranienne. Bien que cela puisse ne pas sembler idéal à tous, c’est en grande partie la seule force structurée avec une représentation politique tangible. Ce tournant décisif pour l'Iran soulève des questions non seulement sur sa souveraineté nationale mais aussi sur la direction spirituelle que ses citoyens souhaitent emprunter.







