La petite commune d'Arques, dans le Pas-de-Calais, est en péril. La verrerie Arc, un pilier de son économie depuis plus de 200 ans, a été placée en redressement judiciaire début janvier, suscitant l'inquiétude quant à l'avenir de ses 3,500 employés. Cette entreprise, autrefois fleuron de l'industrie française, a connu des difficultés persistantes depuis le début des années 2000.
Frédéric Specque, un salarié engagé depuis 1989, résume l'attachement des habitants à l'entreprise en déclarant : "C'était tout, Arc. La ville vivait avec la cristallerie". Il est difficile de sous-estimer l'impact qu'Arc a eu sur le quotidien des Arquois. Comme le souligne Tanguy Tartar, syndicaliste et salarié depuis 1994, "depuis deux siècles, la ville a été bâtie autour de l'usine". Des maisons ouvrières ont vu le jour à proximité, témoignant de l'importance de ce modèle économique.
La dépendance à l'égard d'Arc doit être mise en perspective dans le contexte régional. Bien que l'entreprise soit l'un des plus grands employeurs de la région, Laurent Denis, président de la communauté d'agglomération, remarque une tentative de diversification de l'économie locale avec l'introduction d'autres industries. Toutefois, pour beaucoup, "si Arc venait à disparaître, ce serait dévastateur", déclare Régis Boulanger, un ancien employé, ajoutant qu'une telle fermeture "transformerait la ville en zone sinistrée".
Le maire d'Arques, Benoît Roussel, assure que la communauté se mobilise pour soutenir l’entreprise et projette même des rénovations sur le rond-point Jacques Durand, symbolique de l'identité locale. Comme il le dit, "Arc est un phare pour notre commune". Pourtant, les difficultés économiques, exacerbées par la flambée des coûts de l'énergie et une baisse de la consommation, représentent une fois de plus un défi crucial pour la pérennité de l'usine.
Les ouvriers et les tenants de l’industrie expriment une profonde nostalgie pour les temps mieux connus. Didier Barras, mécanicien, évoque une "fourmilière" où presque chaque membre de la communauté avait un lien avec la cristallerie. Aujourd'hui, la peur d'une catastrophe économique plane sur Arques, un miroir des transformations douloureuses que subit l’industrie française dans son ensemble. Les nombreux échos de telles histoires à travers le pays soulignent une tendance inquiétante : des localités entières se consacrent souvent à des entreprises qui, bien que profondément ancrées, sont toutes aussi vulnérables face aux réalités du marché. En somme, c'est l'avenir de nombreuses familles qui est en jeu, reflet de l'incertitude qui s'installe à Arques.







