Après des décennies d’activité, Lisi automotive, une usine emblématique du Val-d’Oise, annonce la fermeture de son site à Puiseux-Pontoise, impliquant la suppression de plus de 130 emplois. Ce choix inattendu a suscité une vive émotion parmi les salariés, qui se réunissent autour de feux de palettes pour exprimer leur désarroi. "Cela a été tellement brutal, on ne s’attendait pas à une annonce aussi sévère…" déclare l’un d’entre eux, les regards noyés dans l'inquiétude.
La direction a abruptement communiqué sa décision lors d’un CSE extraordinaire, laissant les employés sous le choc. "On a tous pleuré," se remémore un salarié, illustrant l’intensité de la situation. Fabrice Caron, ancien délégué syndical, estime que la méthode utilisée pour annoncer cette fermeture était disproportionnée et humiliante : "Ils ont fait ça sauvagement. C'est désolant de voir des gens avec quarante ans de boîte dans un tel état."
Une fierté d’entreprise menacée
Créée en 1958 sous le nom de Rapid SA, Lisi automotive s’est imposée comme une référence dans la fabrication de pièces automobiles, notamment des fixations pour des géants comme Stellantis et Renault. Le site de Puiseux-Pontoise se distinguait par son expertise et son savoir-faire, portant l’espoir d’une pérennité face à la conjoncture difficile de l'industrie automobile.
Récemment, des salariés ont dû former de nouveaux employés pour un atelier à Tanger, au Maroc, où une partie de la production sera transférée. Cette décision est perçue comme un symbole de la désindustrialisation française, alors que les employés s’indignent : "Nous étions le cœur de l'innovation ici, et maintenant ils veulent exporter notre production !" Les critiques s'intensifient face à une entreprise française, désormais cotée au CAC 40, optant pour des solutions à bas coût à l'étranger.
Une stratégie discutée
Vincent Quinaux, directeur général, défend la décision de délocalisation, affirmant que "Tanger faisait partie d'un plan de réajustement nécessaire pour tenter de sauver le site de Puiseux." La direction pointe une "crise structurelle" dans le secteur automobile et la pression croissante cost de la production.
"Ce n’est pas un manque de commandes qui pose problème," assure-t-il, mais une nécessité d’adaptation face à l'augmentation des coûts énergétiques et à la demande de réduire les prix formulée par les grands clients. Le groupe entend réorienter une partie de sa production vers des sites en Allemagne, en Hongrie et au Maroc.
Reclassements incertains
Face à cette fermeture, la direction annonce qu’un plan de reclassement sera mis en place, mais ce dernier pourrait impliquer une mobilité vers d’autres régions, notamment le Bordelais ou Toulouse. Une perspective difficile pour des employés ancrés dans cette région.
Les employés, eux, n'envisagent pas de retourner au travail avant le lancement des négociations prévu pour fin janvier. "Ils nous ont fait annuler nos congés pour des commandes urgentes, mais c'était pour faire du stock !", s’insurgent les grévistes.
Pour beaucoup, l’avenir est désormais empourpré d'incertitudes. Cette forte vague d’émotion qui s’est emparée des lieux de travail semble se transformer en un mouvement de solidarité, alors que chacun espère que Lisi revienne sur sa décision, mais rien n'est moins sûr.







