Ce jeudi, le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre se penche sur les propositions de reprise d'Air Antilles, qui a été mise en redressement judiciaire depuis début février. Cette compagnie, immobilisée depuis décembre 2022, est dans une situation critique.
Début mars, le tribunal avait accordé un dernier délai à Pierre Sainte-Luce, l’unique candidat à la reprise, pour mieux structurer son offre. Selon des informations rapportées par le média local RCI, deux nouvelles propositions ont été soumises, mais elles ne répondent pas totalement aux exigences financières.
Les conséquences d'une éventuelle liquidation d’Air Antilles pourraient être sévères. En tant que seule compagnie reliant directement les îles françaises de la région, sa disparition entraînerait une rupture de la continuité territoriale, notamment pour les résidents de la Guadeloupe et de la Martinique. Cela pourrait également provoquer une hausse des tarifs aériens dans la région.
Les appareils de la compagnie sont immobilisés depuis le 8 décembre 2022 en raison de défaillances de sécurité notées par la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).
Des emplois en jeu
Avec environ 110 employés, Air Antilles a transporté plus de 121 000 passagers au cours de l'année 2025. Majoritairement détenue par la collectivité de Saint-Martin, elle a été mise sous protection juridique le 2 février, avec une période d’observation de six mois.
Pierre Sainte-Luce, médecin de formation et entrepreneur dans le domaine de la santé, a vu son projet de reprise soutenir l'idée que l'avenir des îles doit être entre les mains des acteurs locaux, comme l’a souligné Jean-Claude Beaujour, avocat du groupe Pewen.
Cette reprise s'annoncerait en plusieurs phases, débutant avec le redéploiement des avions. Selon Jean-Claude Beaujour, un redémarrage progressif est envisagé pour avril, avec une pleine opération prévue d'ici l'automne, en se focalisant sur les lignes les plus rentables.
Les tensions parmi le personnel sont palpables, comme en témoigne Brieuc Hardy du SNPL France ALPA, exprimant l'impatience de retrouver la sécurité de l’emploi. Mélissa Germé, déléguée syndicale chez SNPNC-FO, a décrit une ambiance tendue, où l’incertitude est devenue trop pesante.







