Avec un litre de gazole dépassant les 2,30 euros, de plus en plus de travailleurs expriment leur inquiétude face à l'augmentation des coûts de transport. "Je travaille pour la gloire", plaisante une internaute qui parcourt quotidiennement trente kilomètres. La solution du télétravail, initialement adoptée pendant la pandémie de Covid-19, revient au cœur des discussions, particulièrement après l'explosion des prix à la pompe.
Romain Beke, basé à Sète, a doublé le nombre de jours de télétravail pour ses employés, offrant ainsi une bouffée d'air face à cette situation préoccupante. "C'est fondamental de montrer que l'employeur s'engage", explique-t-il. Malgré son scepticisme sur le télétravail, il admet qu'il est crucial d'agir pour le bien-être de ses équipes.
Un phénomène en cours mais pas encore généralisé
En dépit de l'intérêt croissant pour cette modalité de travail, moins de 50 % des employés en France disposent encore de cette option. Certain.e.s, comme les soignants ou les artisans, sont exclus d'office. En 2024, l'Insee notait qu'un quart des Français recouraient régulièrement au télétravail. Ce chiffre pourrait bien augmenter, notamment parmi ceux vivant plus loin de leur lieu de travail.
Norjahann Bessaoud, directrice de recrutement, souligne que la question du télétravail est souvent l'une des premières lors des entretiens. Dans certains secteurs, comme l'informatique, l'absence de cette flexibilité pourrait freiner le recrutement. "Si on ne prend pas de mesures, on risque de perdre nos talents. Lorsque le coût du carburant atteint 10 à 20 % du salaire, fidéliser devient compliqué", avertit-elle.
Le sujet intéresse également les syndicats, tels que Force Ouvrière au CHU d'Angers, qui réclame des aménagements et soutien financier pour les travailleurs dépendants de leur véhicule. A La Réunion, des demandes similaires ont émergé, reflétant une colère grandissante face à la flambée des prix.
Dans d'autres pays, comme l'Indonésie ou le Vietnam, des mesures ont été mises en place pour encourager le télétravail dans un contexte d'énergie de plus en plus précieuse. La France, encore retenue par des stocks considérés comme suffisants, n'a pas encore adopté de telles recommandations.







