Les trois anciens rugbymen de Grenoble, jugés en appel à la cour d'assises de la Charente à Angoulême, ont vu leurs peines maintenues dans la nuit de vendredi à samedi, avec des sanctions atteignant jusqu'à quatorze ans de réclusion criminelle. Ils étaient accusés de "viol en réunion" sur une jeune femme, un incident survenu en 2017.
Denis Coulson, Loïck Jammes et Rory Grice ont été reconnus coupables après une audience qui a débuté le 25 mars. À cette occasion, l'avocat général avait requis des peines de 14 ans de réclusion criminelle pour les deux premiers, et 12 ans pour Grice. La présidente de la cour a affirmé : "Vous êtes condamnés à la même peine qu'en première instance. La gravité des faits et les circonstances justifient cette décision". Immédiatement après le jugement, les avocats des accusés ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation, critiquant la décision comme excessive et disproportionnée.
Me Corinne Dreyfus-Schmidt, avocate de Coulson, a exprimé son incompréhension : "C'est la répétition d'une sanction excessive, la cour semble leur reprocher de ne pas avoir avoué l'inavouable". D'autres voix parmi les avocats de la défense, comme Me Denis Dreyfus, se sont également élevées contre le procès, le qualifiant de "faisant peur" à ceux qui osent s'opposer au système judiciaire.
En première instance, les accusés avaient été condamnés sur la base de l'absence de consentement de la victime, une jeune femme qui, après un match de rugby, avait suivi les hommes dans une soirée qui s'est terminée tragiquement. Elle s'est réveillée dans une chambre d'hôtel à Mérignac, ne se souvenant de rien, entourée d'individus dans des circonstances alarmantes.
Concernant le déroulement de la nuit, la défense avait soutenu que la jeune femme était consensuelle, fondant leur argumentation sur une vidéo capturée pendant les événements. Me Dreyfus-Schmidt déclarait que l'ensemble de l'affaire était complexe car “tous étaient alcoolisés et n’ont jamais contraint la victime”.
En revanche, Me Anne Cadiot-Feidt a exprimé une vision totalement opposée, décrivant la nuit de l’incident comme “une violence épouvantable” et déplorant l'absence de soutien à la victime, qui est “utilisée comme un ballon que l'on se passe”. Me Grégoire Mouly a également salué le courage de sa cliente de témoigner face aux atrocités vécues.
Cette affaire ne soulève pas seulement des questions de justice, mais met également en lumière la responsabilité du sport face aux comportements indésirables. Leurs actes continuent de résonner dans le milieu sportif comme un rappel que la préservation de la dignité humaine doit primer sur toute autre considération.







