La préfecture du Bas-Rhin se retrouve sous enquête de l'inspection générale de l'administration (IGA), une mission qui se déroule à Strasbourg au cours de ce mois de mai 2026. Destinée à éclaircir des signalements inquiétants, cette investigation a été initiée par le ministre de l'Intérieur.
Le préfet du Bas-Rhin est-il sur la sellette ? En effet, deux inspecteurs de l'IGA s'attachent à examiner les pratiques managériales au sein de la préfecture, notamment en raison de l'absence prolongée de la directrice de cabinet, en arrêt maladie depuis le 2 mars. Bien que l'ordre de mission reste secret, certaines informations indiquent que le préfet Amaury de Saint-Quentin, en fonction depuis décembre 2025, pourrait être au centre des préoccupations.
D'après plusieurs sources, des signalements ont été formulés à son encontre, non seulement dans le Bas-Rhin, mais également dans un autre département où il a préalablement exercé. Des collaborateurs expriment un sentiment de mise à l'écart et une invisibilisation au travail, s'étant exprimés sous couvert d'anonymat pour éviter des représailles.
Un rapport confidentiel
Le climat de silence entourant cette enquête est palpable : peu de personnes se risquent à témoigner, de peur de perdre leur emploi ou d'être perçues comme déloyales. La loyauté envers la fonction préfectorale prime souvent sur la vérité. Cependant, l'IGA rappelle que cette loyauté doit s’adresser principalement à l'institution et non à un individu. En 2023, elle a d'ailleurs mené 19 enquêtes administratives similaires, révélant les lacunes dans la gestion de certains préfets.
À l'issue des auditions, un rapport confidentiel sera remis au ministre de l'Intérieur. Ce dernier se réserve le droit de prendre des décisions allant jusqu’au limogeage du préfet, qui pourrait être effectif lors d’un Conseil des ministres, et ce sans obligation de justification.
Cette affaire soulève des questions importantes sur la gestion des préfectures et la culture du silence qui peut y régner. Le témoignage d'experts et d’anciens fonctionnaires souligne la nécessité d’une transparence accrue pour garantir un service public de qualité.







