Le site de l'établissement de Bétharram, au cœur d'un macabre scandale de violences physiques et sexuelles, sera définitivement clos cet été, a annoncé l’enseignement catholique jeudi. Cette décision est chaleureusement accueillie par les victimes et les membres de la commission d'enquête sur les violences dans les établissements scolaires.
« Une reconnaissance essentielle » et « une victoire. » Tels sont les termes employés par les victimes et des personnalités politiques suite à cette annonce. L’établissement, rebaptisé ensemble scolaire catholique « Le Beau Rameau » en 2009 et sis à Lestelle-Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), fermera ses portes, comme l'a précisé Pierre-Vincent Guéret, président de la Fnogec, l’organisme responsable de la gestion de l’enseignement catholique, ajoutant une échéance fixée à cet été. Lieu de souffrances, près de 250 plaintes ont été déposées, avec près de la moitié portant sur des agressions à caractère sexuel.
« Qu'on tourne enfin la page »
« Bétharram, c'est terminé à partir de cet été. Il n'y aura plus d'élèves dans cette institution », a réagi Alain Esquerre, porte-parole du collectif de victimes, lors d’un entretien avec France Inter. Bien qu'il n'ait jamais exigé la fermeture, il souligne que l'attitude de la congrégation, qui a échoué à prendre ses responsabilités, n'aurait pu aboutir qu'à cette issue. « Pour le respect des victimes, il était impératif que l’on tourne enfin la page », a-t-il ajouté.
Jean-François Blanco, élu d'opposition à Pau et avocat d'une des victimes, revient sur le passé : « J’ai déposé la première plainte pour violences, tortures, traitements inhumains et dégradants en avril 1996. La fermeture ne doit pas équivaloir à un oubli, mais conduire à un lieu de mémoire, où la Justice poursuivra son œuvre pour la vérité », a-t-il affirmé à ICI Béarn Bigorre.
La Congrégation de Bétharram, qui gérait l'établissement, a reconnu sa « responsabilité » dans ces actes en mars 2025. En octobre, elle avait annoncé l'indemnisation des victimes, tant des laïcs que des religieux, en se concentrant d'abord sur les cas d'agression sexuelle.
Une proposition de loi déposée le 28 janvier
La décision de l’enseignement catholique est aussi saluée par Violette Spillebout, députée EPR du Nord, et Paul Vannier (LFI), co-rapporteurs de la commission d'enquête sur les violences scolaires. « Enfin. Bétharram va fermer. C'est une victoire pour les victimes », se réjouit Paul Vannier sur son compte X. « Après des mois de demande, malgré l'inaction de l'État, cette annonce est un soulagement. Toutefois, je reste vigilant face à un simple déménagement sans un changement fondamental », a-t-il déclaré.
Les deux co-rapporteurs insistent sur la nécessité d'une mise en œuvre « sans délai » des 50 recommandations de leur rapport parlementaire, déposé en juin dernier, qu'ils présenteront lors d'une prochaine proposition de loi le 28 janvier.







